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Le SIA reprend les IGN-OACI

Publié le 5 mars 2026 par Rédaction


En 2026, le SIA prend la suite de l’IGN pour la publication de ces quatre traditionnelles cartes de navigation au 1/500.000e.

Ces cartes dites IGN/OACI au 1/500.000e – réalisées par l’Institut géographique national
(IGN, créé en 1940) à la demande de la DGAC/DSAC, avec les données issues du Service de l’information aéronautique (SIA), pour répondre aux exigences de l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI) – existent depuis plus de cinq décennies. L’IGN a confirmé ne pas les imprimer en 2026 comme c’était le cas depuis des années, renvoyant sur le SIA. Questionné, le SIA nous a répondu qu’il reprendra « la production de la carte OACI 1/500.000e à partir de la première édition de 2026. Les spécifications cartographiques seront identiques aux spécifications de l’ancien produit de l’IGN. La diffusion sera assurée pour les diffuseurs habituels des produits aéronautique du SIA ». Profitons-en pour faire un retour en arrière…

Historique d’un concept
Après la Libération, les différents services cartographiques nationaux ont établi des cartes aéronautiques conformes aux normes de l’OACI pour leur propre territoire et les pays limitrophes. il faut attendre mars 1948 pour que la quatrième réunion de la division Cartes
de l’OACI, tenue à Bruxelles, s’intéresse à la répartition des responsabilités pour les cartes aéronautiques type OACI aux échelles du 1/1.000.000e et du 1/500.000e avec l’organisation d’un système de diffusion vers le public. Le texte réglementaire est applicable au 1er mars 1949.

Dans les années 1950, une carte aéronautique est éditée en France au 1/500.000e par l’IGN avec les données fournies par le groupe aérien du Touring Club de France. Il faudra attendre 1972 pour voir le lancement de la carte dite OACI au 1/500.000e au niveau de sa conception
et sa première diffusion n’interviendra qu’en 1974. Cette carte fait suite à des cartes civiles
et militaires à cette même échelle, produites de 1937 à 1956 (« Type aviation ») puis de 1958
à 1973 (« Vol basse altitude ») mais ne répondant pas aux normes de l’OACI. Les premières cartes ne comportent pas par exemple d’espace aérien mais simplement l’emplacement des aérodromes !

Conforme aux normes OACI
L’IGN a alors pour rôle de réaliser cette nouvelle carte conforme aux spécifications de l’OACI avec des données fournies par la Direction de la Navigation aérienne (DNA, future DSNA) dépendant du Service général de l’Aviation civile, futur DGAC. Les premières éditions utilisent un fond topographique classique sur lequel a été appliquée la « surcharge aéronautique ». C’est en 1991 que certaines hauteurs et altitudes vont passer des mètres aux pieds. Le fond topographique et toponymique sera adapté progressivement à la pratique du pilotage, en ne retenant que les repères visuels pertinents. Dans les années 1980, elles présentaient encore les courbes de niveaux sous la surface de la mer près des côtes !

Extrait de la carte de 1972


Les premières éditions se font en 7 cartes pour couvrir la métropole, la version militaire
étant contrôlée par la DIRCAM, la version civile par la DNA. Par la suite, de nouvelles presses pour l’impression offset à Saint-Mandé (IGN) permettront le passage à quatre cartes pour la métropole (Nord-Est, Nord-Ouest, Sud-Est, Sud-Ouest). La réalisation passe au tout numérique en 2002.

Il faudra attendre 2013 pour que ces cartes soient renseignées du sol jusqu’au FL115 ou 3.000 ft (ASFC) si supérieur. Auparavant, elles étaient « limitées » au plus élevé des deux niveaux suivants : 5.000 ft au-dessus du niveau moyen de la mer (AMSL) ou 2000 ft au-dessus de la surface (ASFC). Au niveau du fond de carte, des légendes, du relief, des zones boisées ou forestières, les dernières éditions ont atteint une optimisation assurant au pilote VFR une localisation précise de sa trajectoire.


La représentation des agglomérations a posé problème au fil du temps car les hauteurs de survol sont définies (arrêté du 10 octobre 1957 en vigueur à l’époque et encore aujourd’hui) selon la largeur moyenne des agglomérations sur la base des données de l’IGN et la mise à jour régulière des zones urbanisées. Les contours ainsi réalisés entraînent alors des difficultés pour pouvoir rejoindre certains aérodromes englobés dans l’urbanisation sans cesse croissante ou à interdire des transits à basse hauteur si un plafond peu élevé est imposé par de l’espace contrôlé – le tout menant à des arbitrages parfois longs.

On notera que ces zones de couleur jaune et orange, définissant la hauteur minimale de survol, sont disposées de manière un peu aléatoire, ceci au bon vouloir de l’IGN jusqu’aux éditions 2025 qui en déterminait leur étendue. Elles ne sont pas représentées par des structures aéronautiques comme le veut la réglementation SERA (Standard European Rules of the Air), ce qui rend leur légalité contestable car de nos jours, la réglementation européenne doit primer sur la réglementation nationale.

En 2007, il faut noter que la première carte régionale au 1/250.000e apparaît avec la Région parisienne, suivie de Lyon-Vallée du Rhône, Marseille-Delta du Rhône et Nice-Côte d’Azur. En 2008, Strasbourg-Alsace-Lorraine suivra puis Toulouse-Région Occitanie. Au départ, l’objectif était de proposer une série de cartes couvrant toute la métropole pour détailler les régions avec des espaces aériens considérés comme de plus en plus complexes. Le projet n’aboutira pas, se limitant aux cartes présentant l’espace aérien à proximité de grandes agglomérations. Côté 1/1.000.000e au-delà des cartes SIA peu pratiques à l’usage, plusieurs solutions privées ont vu le jour (Fenwick, VFR GPS, Euro-Pilote, CartaBossy, Air Million…).

Le dessous (financier) des cartes
Jusqu’en 2006, le coût de réalisations des cartes IGN-OACI au 1/500.000e n’est pas vraiment évalué par l’État, les montants étant assurés par le budget annexe de l’aviation civile ou BACEA, financé par les taxes et redevances du trafic aérien commercial. La LOLF de 2006
(Loi organique relative aux lois de finances) met alors en place un indicateur économique qui fixe « un objectif de recouvrement des coûts de production de l’information aéronautique par des recettes propres à hauteur de 48% ». L’information aéronautique reste un service public
de gestion de l’espace aérien mais ses coûts sont examinés de près.

Il faut attendre le début des années 2000 pour que le SIA se donne pour objectif « un service de vente performant ». À l’époque, les revendeurs (boutiques spécialisées) peuvent proposer une ristourne de 5% à leurs clients tandis que le SIA ne le peut pas, étant contraint par un arrêté fixant ses prix de vente ! La couverture des coûts de réalisation de différents produits est établie avec une « comptabilité analytique plus rigoureuse » prenant en compte le calcul détaillé des coûts de revient, le suivi des ventes payantes et gracieuses, ainsi que la gestion des stocks. Avec le passage dernièrement d’un conseiller maître à la Cour des comptes à la tête de la DGAC, cette approche financière n’a pas dû s’inverser.


Avec la diffusion et l’usage croissant d’applications numériques de navigation (dont certaines proposent les OACI comme fond de carte mais aussi des cartes numériques vectorielles « maison » et modifiées à chaque cycle Airac de 28 jours), les IGN-OACI ont sans doute perdu des « segments de marché » ces dernières décennies, mais elles peuvent servir de solution de secours à bord sous le format « papier ».

Faisant généralement partie de la panoplie de l’élève pilote VFR depuis des années, prises comme exemples dans tous les ouvrages de formation théorique, ces cartes ont traversé les époques jusqu’à nos jours même si des acteurs privés visent à proposer des solutions alternatives telles que les nouvelles CartaBossy au 1/500.000e ou les RogersData plus anciennes sur le marché et couvrant l’Europe. Par le passé, d’autres tentatives (dont les Jeppesen VFR) avaient déjà été menées pour proposer des 1/500.000e avec plus ou moins de succès face au « monopole » de fait des IGN-OACI en France. Rendez-vous à la mi-avril pour les éditions 2026 !  ♦♦♦

Pour aller plus loin :
– « L’information aéronautique à ciel ouvert » (Éditions Mémoire Aviation civile) à consulter en ligne via ce lien.

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