
Entre biais d’autorité et effet d’entraînement par conformisme.
Les sorties de groupe – bien encadrées – sont considérées comme « plus sûres » que la pratique isolée, devant bénéficier de plusieurs regards lors de la préparation des vols et la prise de décision. C’est la théorie mais en pratique, cela n’est pas toujours le cas. Par exemple quand le biais d’autorité s’insinue silencieusement au sein du groupe ou que ce dernier s’auto-persuade que les conditions météo sont bonnes car l’objectif est d’atteindre la destination prévue. La sortie de groupe peut alors devenir accidentogène si les compétences et qualifications de chaque équipage ne sont pas prises en compte, avec le niveau le plus faible comme étalon, et que la sécurité n’est pas gérée.
Par une vidéo pour la chaîne Youtube du Conseil national des fédérations aéronautiques et sportives (CNFAS), la DSAC/MEAS évoque à nouveau le biais d’autorité après une récente vidéo sur le sujet. Elle aborde ce biais d’autorité lors de sorties de groupe au sein d’un aéro-club quand trois mécanismes peuvent alors se conforter : le biais d’autorité, le conformisme
de groupe (effet d’entraînement) et la pression de l’objectif (destinationite).
Trois rapports du BEA sont cités, où l’effet de groupe est relevé dans les facteurs contributifs. Les liens sont donnés ici pour les télécharger.
– Le premier cas concerne l’accident lors du décollage de nuit de deux avions en février
2009, au sein d’un groupe de quatre appareils en sortie d’une journée. En plus de l’effet d’entraînement de groupe, le BEA note une f »orte motivation de réaliser un vol prévu de longue date ».
SortieDeGroupe1
– Le second rapport concerne l’accident d’un avion en septembre 2021 lors d’une sortie
de groupe, par conditions météoologiques défavorables au vol à vue, le tout suivi d’un déroutement et une perte de contrôle en approche finale.
SortieDeGroupe2
– Le troisième rapport (février 2020) mentionne à nouveau l’effet de groupe avec des pilotes de très faible expérience au vol de nuit, victimes d’une désorientation spatiale au-dessus de la mer et donc par obscurité totale (perte des références visuelles).
SortieDeGroupe3
On peut rajouter un quatrième rapport :
– Il s’agit de l’accident de deux appareils allemands en août 2021, au passage du col de Vars. L’effet de groupe « a pu avoir un impact sur la décision » de décoller avec deux pilotes à la faible expérience du vol en montagne.
SortieDeGroupe4
La problématique est assurément complexe, au vu du nombre d’intervenants et/ou de paramètres à prendre en compte (comme l’expérience de chacun des commandants de bord) mais ces longs rapports permettent de comprendre comment la chaîne d’événements de met progressivement en place pour mener à l’accident final. ♦♦♦