• Accueil
  • Mes livres
    • Rafale Marine
    • Du Vampire au Mirage 4000
    • La Saga Robin (2e édition)
    • Le Mook d’aeroVFR…
    • Autres livres
    • Dernières parutions
  • A propos d’aeroVFR
    • Auteurs
  • Contact
  • Météo du week-end
  • Webcams sur aérodrome
  • Escales sur aerodrome

aeroVFR

Informations de vol VFR

  • Actualités
  • Industrie
    • Constructeurs
    • Motoristes/héliciers
    • Equipementiers
  • Manifestations
    • Meetings
    • Expositions/Salons
    • Conférences
    • Compétitions/Rallyes
  • Histoire
    • Livres / revues
    • Histoire de l’aviation
    • Aviation de collection
    • Cinéma / TV / Photo
    • Musées
  • Cockpit
    • Pilotage
    • Espace aérien
    • Réglementation
    • Clubs et Fédés
  • Webcams
  • Safety first
    • Facteurs Humains
    • Sécurité des vols
  • Revue de presse
  • Humeur
Vous êtes ici : Accueil / Cockpit / La fin des quadriplaces de tourisme…

La fin des quadriplaces de tourisme…

Publié le 20 février 2020 par Jean-Philippe Chivot


Après la Seconde Guerre mondiale, tous les constructeurs ont cru au remplacement de la voiture par l’avion léger, notamment aux mains de milliers de pilotes militaires démobilisés…

1945 : au sortir de la guerre, le monde entier croit que l’avion privé va succéder à la voiture de luxe pour le tourisme et les voyages d’agrément… Dès 1947, la désillusion est totale, bien marquée par le nombre de pilotes aux USA de 1940 à 1960.


L’avion privé souffre d’un manque évident d’utilité… En 1945, le président du Groupe aérien du Touring-Club de France renaissant avait fait réaliser un dessin résumant la situation !


Pour rendre l’avion utile, on développa l’infrastructure. Peine perdue, les nouveaux aérodromes restaient déserts et isolés en semaine. Parallèlement, on développa le matériel. On essaya tout d’abord de rendre l’avion moins cher à l’achat. L’Etat, recherchant des futurs pilotes pour son armée de l’Air, subventionna constructeurs et acheteurs. On considéra que le biplace côte-à-côte léger, doté d’un moteur américain à 4 cylindres à plat, dont la conception datait de 1930 et dont la fiabilité se montrait particulièrement bonne, était la bonne solution. Elle le fut et les biplaces Jodel, Piel Emeraude, NC-853, Sipa 901, etc. sont encore là, en France, pour le prouver.

La puissance maximum du 4-cylindres passant de 65 à 90 ch, on transforma l’espace arrière des deux sièges côte-à-côte en espace pour un passager. On arriva alors au bi-triplace, triplace pour un vol local et biplace pour un voyage avec bagages. Ainsi naquit, de l’esprit du pilote-instructeur Pierre Robin, le Jodel Ambassadeur.

Les moteurs disponibles devenant encore plus puissants, 100 puis 145 et 180 ch, on dessina des vrais quadriplaces à aile basse, avec un espace bagages comme avaient été dessinés les quadruplaces – nom correct d’un avion à 4 places car on dit quadrupède et non quadripède… – d’avant guerre : Caudron Simoun pour la France, Percival Vega Gull pour l’Angleterre et Messerschmitt 108 Taïfun pour l’Allemagne.


Les dits quadruplaces d’avant guerre étaient des avions de raid ou de liaisons dans l’armée car ils étaient utilisés alors en biplace, les places arrières servant de soutes à bagages et/ou de réservoirs supplémentaires.



Aux Etats-Unis, l’évolution du matériel fut identique. En 1946, on ne pensait qu’en biplace et quelque fois en quadriplace de tourisme tels que le North American Navion ou le Beech Bonanza. Les Piper passèrent du J-3 biplace en tandem aux biplaces côte-à-côte puis, avec un moteur plus puissant, aux bi-triplaces TriPacer et enfin, en 1957, au quadriplace à aile basse, le Comanche. Les quadriplaces américains tout métal d’après guerre furent les premiers avions d’affaires des années cinquante.


Persuadés qu’il y avait là un marché et voulant concurrencer en Europe les Américains, les constructeurs français dessinèrent, vers 1960, des quadriplaces dits de grand tourisme qui, selon eux, devaient tout d’abord remplacer le Norécrin, en fait un triplace devenant difficilement quadriplace.


Ces constructeurs furent au nombre de cinq. Leur échec commercial signa, en France, la fin de nouveaux dessins de quadriplaces. On se contenta d’améliorer les dessins existants et d’en construire en quantité microscopique certains jusqu’à nos jours. Les publicités d’époque montrent bien où se situent les espoirs de clientèle des constructeurs…

Scintex Rubis : le plus rapide (1962).


Wassmer Super 4 : le plus endurant (1968).


Gardan GY-80 Horizon : le plus construit (1960).


Robin HR-100 : sorti en 1970


Pour la période en question, il faut ajouter la série des avions tout en bois Robin DR-250, DR-253 Régent (en 1967) et DR-380 Prince (en 1968).



Il faut bien constater que les publicités étaient farouchement optimistes quant aux vitesses de croisière et n’indiquaient que rarement l’altitude de référence. Le Wassmer fut le seul à faire des grands raids avec une traversée de l’Atlantique Sud et un tour du monde. Les autres se contentèrent de tours de la Méditerranée et de voyages de livraison en Afrique ou à Madadascar.
La clientèle visée, celle des voyages d’affaires de patrons de PME en Europe et des voyages de tourisme de pilotes fortunés, s’avéra être microscopique car plus intéressée par les avions américains monomoteurs bien répandus dans le monde entier.

Souvenirs personnels…
Il se trouve que j’ai personnellement piloté ces cinq quadriplaces…

Le Rubis m’a laissé un grand souvenir car très manoeuvrant, rapide et homogène aux commandes. Par ailleurs, ses qualités m’ont permis de me sortir d’un mauvais pas. On était à la mi-décembre sur le terrain de La Ferté-Alais. Il avait beaucoup plu et en bout de piste stagnaient de grandes mares d’eau. A la demande du propriétaire du Rubis je faisais de la double à un pilote désireux de l’acheter. Nous étions trois à bord et nous faisions des tours de piste. Au quatrième touché, le passager arrière voulut descendre.

On stoppa la machine et regardant les deux cadrans indiquant la quantité d’essence dans les réservoirs je constatais qu’un des deux était plein et l’autre à moitié vide. Je changeais de réservoir, je passais sur le plein et, à deux, nous voila repartis. Peu après le décollage, train rentré, à une quinzaine de mètres du sol au-dessus de champs labourés gorgés d’eau, le moteur s’arrêta : je pris instantanément les commandes, gagnais de l’altitude et mis l’avion en légère descente à sa vitesse d’approche. J’entamais alors un superbe 180° en surveillant bille et vitesse et surtout à faible inclinaison, virage nous ramenant vers la piste avec un très fort vent arrière.

Le pilote voulut sortir le train, je lui tapais sur la main pour l’empêcher car, le vent aidant, il me semblait possible de regagner la piste compte tenu de la finesse du Rubis. On atteignit de justesse le seuil, je sortis le train, commandé comme sur un Bonanza par un petit levier se terminant par une roue de jouet en caoutchouc. Le train sortit instantanément, ce qui était heureusement un des points forts du Rubis. Je me posais peu après le début de la piste. En roulant, je ne pus éviter une énorme flaque d’eau qui projeta du liquide bien au-dessus de la cabine. Enfin, on s’arrêta et l’acheteur pilote insista pour qu’on se prenne en photo face à l’avion et à la piste détrempée ! J’allais à pied vers le hangar et j’exprimais ma frayeur et mon incompréhension devant un mécano qui répondit : « Mais tu ne le savais pas, l’indicateur d’essence du réservoir gauche est monté à l’envers. Il indique plein quand le réservoir est complètement vide ».

Le Super IV m’a laissé le souvenir d’une machine lourde, une sorte de train SNCF prenant de la vitesse sur les aiguillages de sortie de la gare de l’Est, mais facile et agréable à piloter.
Tout aussi facile à piloter était le Gardan Horizon mais cet avion n’était vraiment pas, pour sa puissance, rapide en croisière et ses volets couplés avec la sortie de train empêchaient de rallonger une approche un peu courte sans utiliser le moteur.

Le HR-100, premier avion tout métal de Robin, était en tout point inférieur à un Robin en bois tel le DR-380 de même puissance. Son aile métallique conçue par des ingénieurs aéronautiques était ratée par rapport à l’aile Jodel de Jean Delemontez conçue par un simple mécanicien issu de l’école de Rochefort. Plus lourd, moins rapide, plus bruyant, plus difficile à poser vent de travers. Lors du roulage sur les inégalités de la piste, sa carlingue me donnait l’impression de voler dans une canette en aluminium vidée de sa bière.

Reste mon préféré et de loin, le DR-250 appelé Kapitan par les Allemands. Pierre Robin me confia deux étés de suite son DR-250 personnel, ce qui me permit d’aller en Hongrie et en Grèce. Le seul défaut de cet avion de grand tourisme était son train classique m’obligeant chaque soir à amarrer l’engin. Or chaque soir, on dormait à une quinzaine de kilomètres de l’aérodrome et la moindre rafale de vent me faisait espérer que les piquets des cordes ne s’arrachent pas du sol.


Bref, comme le montre le graphique (ci-dessus) du nombre de pilotes aux USA de 1960 à 2010, les années de production des derniers quadriplaces de grand tourisme correspondent au pic du nombre de pilotes aux Etats-Unis, nombre qui se stabilise maintenant autour de 600.000, identique à celui constaté 60 ans plutôt lors de la pointe de 1950… C’est tout dire du manque d’intérêt de l’avion de particulier autrement que d’être un instrument de loisir.

Or aux Etats-Unis, les quadriplaces s’étaient dès 1950 résolument adressés à une clientèle d’hommes d’affaires en pensant que l’avion de particulier servirait à rallier un aérodrome « hub régional » à partir d’un aérodrome local. Or l’accroissement du trafic donna à l’aérodrome local le rôle de hub accessible facilement en voiture. L’aviation d’affaires est alors passée du monomoteur quadriplace au monomoteur à turbine et au bimoteur, beaucoup plus rapides et capables d’atteindre des aéroports éloignés.

Le seul quadriplace vraiment nouveau de ces dernières années, le Cirrus SR-20/22, n’est vendu qu’a environ 300 exemplaires par an. Cet avion de voyage moderne en composite, apparu en 1999, peut être comparé au Percival Vega Gull conçu 60 ans plus tôt.


– Moteur Continental 6-cylindres à plat de 200 ch à injection contre 6-cylidnres en ligne Gipsy de 200 ch
– Croisière de 280 km/h contre 250 km/h
– Rayon d’action de 1.600 km contre 1.100 km
– Charge utile de 430 kg contre 625 kg
– Décollage en 600 m contre 400 m

En conclusion
Si la France avait autant de pilotes pour 1.000 habitants que les USA, le nombre de pilotes français devrait être d’environ 122.000 soit plus du double qu’actuellement. Il faut donc sauver le côté purement loisir du pilotage et travailler sur la sociologie de ce loisir plutôt que sur le matériel du loisir, matériel qui – nous venons de le voir – n’a pas fondamentalement
changé en 90 ans. Le loisir du pilotage est en relation avec certains éléments de la société et de la culture, ce qui explique l’écart de pratiquants entre la France et les Etats-Unis…   ♦♦♦  Jean-Philippe Chivot

Ndlr : certes, il y eut aussi les TB-10/20 et CE-43, mais c’est une autre histoire ! Et ils ne sont plus produits de nos jours…

Partager :

  • Partager
  • E-mail
  • Imprimer
  • Facebook
  • Twitter

J’aime ça :

J’aime chargement…
  • Facebook
  • RSS

Newsletter aeroVFR

Manifestations

Fusées et satellites à la française

Trois conférence sur cette thématique… Ce 30 janvier 2026, l’Institut Français d’Histoire de l’Espace (IFHE), les commissions Astronautique et Histoire, Arts et lettres de l’Aéro-Club de France, l’Association Histoires d’Espace, proposent trois conférences à l’occasion des 60 ans des premiers satellites français.

Agenda aeroVFR 1er trimestre 2026

A vos agendas… Premières dates à noter en 2026 avec des manifestations programmées durant le premier trimestre. Cet agenda sera réactualisé et/ou complété au fil des jours.

Ultimate Air Challenge à l’été 2026

Une course aérienne d’endurance en ULM à travers l’Europe. Une équipe basée à Chambley annonce le lancement l’an prochain de l’Ultimate Air Challenge (UAC), une « compétition de vol en ULM traversant le continent, fondée sur la navigation, l’endurance et la stratégie » – dans l’esprit de la Grande Course ou du Londres-Paris en ULM au début […]

Pilotage et contrôle du nouveau Racer

Conférence en visio sur le pilotage d’un hélicoptère de formule combinée. Le Groupe Île-de-France de l’Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF), en partenariat avec le groupe Centre de 3AF et le Groupement des Ingénieurs et Cadres Supérieurs de l’Aviation Civile (GIACRE), propose une conférence ayant pour thème « Pilotage et contrôle du nouveau Racer » par […]

Exposition « Terre des Hommes » par Riad Sattouf

A l’occasion de la sortie de « Terre des Hommes » illustré par l’auteur de BD. Riad Sattouf, auteur de bandes dessinées dont notamment « L’Arabe du futur », a toujours été passionné par l’épopée de l’Aéropostale et notamment la vie d’Antoine de Saint-Exupéry. C’est ainsi qu’il a décidé de revisiter « Terre des Hommes » en l’illustrant l’ouvrage de Saint-Ex […]

Les nouveaux mondes du système solaire

Conférence de François Forget, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS Une conférence sur un sujet allant au-delà de l’atmosphère en cette période hivernale pas toujours propice aux vols VFR ? L’exploration spatiale révèle une étonnante diversité parmi les planètes, lunes et petits corps du système solaire. François Forget – planétologue, spécialiste de l’exploration du […]

Festival des Etoiles et des Ailes

10e édition du 22 au 23 novembre 2025 à Toulouse-Montaudran. Pour sa 10e édition, le Festival aérospatial des Etoiles et des Ailes a retenu à nouveau L’Envol des Pionniers comme site d’accueil. Ce musée implanté sur le site historique de Toulouse-Montaudran rend hommage aux pionniers de l’Aéropostale. Se tenant tous les deux ans en novembre, […]

Plus d'article de cette catégorie

Derniers articles parus

  • Regroupement de 5 en 2 BTIV 22 janvier 2026
  • ULM en 2025 : les thématiques du BEA 21 janvier 2026
  • Monte-Carlo, Notam et information aéronautique 20 janvier 2026
  • Hélico en 2025 : les thématiques du BEA 20 janvier 2026
  • Ballons en 2025 : les thématiques du BEA 20 janvier 2026
  • Pétition pour Rouen-Boos 20 janvier 2026
  • À Aix, le scandale Edeis se poursuit… 19 janvier 2026
  • Un Jodel D-112 à Candillargues 19 janvier 2026
  • Les avions Marcel Bloch (T.3) 19 janvier 2026
  • Fermeture « momentanée » de Condom 18 janvier 2026
  • Des avions en N bloqués au sol en Europe 18 janvier 2026
  • Améliorer l’anti-collision 17 janvier 2026
  • Daher rallonge la gamme TBM 15 janvier 2026
  • Rebelote pour le SIA 15 janvier 2026
  • Financement participatif pour un Cap-20 13 janvier 2026
  • Tir de missile en Atlantique 13 janvier 2026
  • A Ancenis, un collectif face à Edeis 12 janvier 2026
  • Entretenir son niveau de pilotage 12 janvier 2026
  • Constellation de ZRT/ZDT pour Orion 26 10 janvier 2026
  • Fusées et satellites à la française 10 janvier 2026
  • Une ZRT entre Quiberon et Lorient… 9 janvier 2026
  • ZRT au large de Sète 8 janvier 2026
  • Elixir Aircraft livre aux Etats-Unis 8 janvier 2026
  • ZRT dans le sud-est 8 janvier 2026
  • Agenda aeroVFR 1er trimestre 2026 3 janvier 2026

Site d'information aéronautique, aeroVFR.com offre un panorama de l'actualité du pilote VFR.


Découvrez chaque jour l'info aéronautique concernant Industrie (constructeurs, motoristes, héliciers, équipementiers)

Manifestations (meetings, compétitions, expositions, conférences) | Culture (livres, cinéma, aviation de collection, musées)

Pratique (pilotage, espace aérien, réglementation) | Safety First (facteurs humains, sécurité des vols)

Tous droits réservés ® | Mentions légales

%d