
Avranches, quand la sécurité devient prétexte à l’exclusion…
Depuis l’an passé, la DSAC Ouest – mais d’autres DSAC aussi… – a changé de politique en matière d’autorisation accordée à des pilotes « extérieurs » pour rejoindre des terrains à usage restreint. Soit le terrain est « réservé », soit il est ouvert à la CAP, une version binaire de la problématique qui entraîne l’impossibilité de s’y rendre en tant que pilote « extérieur ».
Ceci a poussé Nicolas Fratti à adresser à aeroVFR son « message » relatif à cette « nouvelle problématique encore une fois arbitraire, injuste et nous privant d’un terrain mythique ».
Témoignage
« La récente décision de la DSAC Ouest de ne plus accorder d’autorisations d’utilisation
de l’aérodrome d’Avranches aux pilotes de passage marque une fois encore un tournant préoccupant pour l’aviation légère. Officiellement, il s’agit d’une question de sécurité.
Le terrain serait contraignant : marées, brume, état variable. Des arguments bien connus…
et parfaitement intégrés par les pilotes qui choisissent d’y faire escale ».
« En réalité, ce qui motive cette décision semble être tout autre chose : le succès du terrain. Plus de 300 demandes par an. Trop, selon l’administration, pour rester dans le cadre « exceptionnel ». Mais depuis quand l’intérêt des pilotes pour une plate-forme devient-il
un problème ? Faut-il comprendre que l’aviation légère doit se cantonner à des terrains standardisés, aseptisés, sans particularités ni caractère ? Les terrains comme Avranches font pourtant partie de l’ADN aéronautique français ».
« Restreindre l’accès aux seuls aéronefs basés et voisins revient à instaurer une aviation à deux vitesses : celle des « autorisés »… et celle des autres. La sécurité ne doit pas devenir un argument fourre-tout justifiant des décisions administratives déconnectées, elle doit rester une exigence partagée, construite avec les pilotes, pas contre eux ».
« Plutôt que d’interdire, pourquoi ne pas encadrer intelligemment ? Limiter les mouvements, renforcer l’information… Les solutions existent. À travers Avranches, c’est une question plus large qui se pose : quelle aviation voulons-nous demain ? Une aviation vivante, ouverte,
ou une aviation progressivement verrouillée, où l’accès se restreint au nom d’un principe de précaution mal appliqué ? »
« Les pilotes ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement de pouvoir voler…
en pilotes responsables ». ♦♦♦ Nicolas Fratti