• Accueil
  • Mes livres
    • Rafale Marine
    • Du Vampire au Mirage 4000
    • La Saga Robin (2e édition)
    • Le Mook d’aeroVFR…
    • Autres livres
    • Dernières parutions
  • A propos d’aeroVFR
    • Auteurs
  • Contact
  • Météo du week-end
  • Webcams sur aérodrome
  • Escales sur aerodrome

aeroVFR

Informations de vol VFR

  • Actualités
  • Industrie
    • Constructeurs
    • Motoristes/héliciers
    • Equipementiers
  • Manifestations
    • Meetings
    • Expositions/Salons
    • Conférences
    • Compétitions/Rallyes
  • Histoire
    • Livres / revues
    • Histoire de l’aviation
    • Aviation de collection
    • Cinéma / TV / Photo
    • Musées
  • Cockpit
    • Pilotage
    • Espace aérien
    • Réglementation
    • Clubs et Fédés
  • Webcams
  • Safety first
    • Facteurs Humains
    • Sécurité des vols
  • Revue de presse
  • Humeur
Vous êtes ici : Accueil / Histoire / Le « fou volant » Francis Chichester (8 et fin)

Le « fou volant » Francis Chichester (8 et fin)

Publié le 11 janvier 2017 par Jean-Philippe Chivot

sidney
Fin de ce feuilleton sur l’un des raids de Francis Chichester…

Lien vers l’épisode précédent.

Dix-huitième étape : Camooweal-Longreach (900 km). Dix-neuvième étape : Longreach-Bourke (910 km) et vingtième étape : Bourke Sydney Mascot (455 km). 

Camooweal vu du sol de nos jours

camooweal
Le lendemain, au départ de Camooweal, Chichester rencontra la pluie. Cela n’avait rien à voir avec celle de la mousson. Le seul inconvénient était que, mouillé et sans sa combinaison, il commençait à avoir froid.

Longreach Airfield en 1930 avec ses trois pistes, disposition inédite à cette époque.

longreach
A Longreach, avant de se poser, il remarqua, dessinées sur l’aérodrome, trois pistes formant un triangle, chose totalement inconnue à cette époque. Il en devina l’utilisation et se posa sur celle orientée au vent. En effet hors pistes le terrain était un marécage. A chacune de ces dernières étapes, les autorités lui réservèrent accueil enthousiaste et discours, ce qu’il trouvait très ennuyeux.

Bourke aujourd’hui vu à 1.500 m d’altitude

bourke
A l’arrivée à Sydney, la flotte de Moth de l’aéro-club de Mascot lui donna rendez-vous à 4.000 pieds au-dessus du fameux pont métallique de la ville et les dix avions du club l’accompagnèrent pour un passage bas sur les hangars de Mascot avant que le maire ne vienne le féliciter et lui remette un message de congratulations du secrétaire d’Etat à l’Air britannique .

Sydney-Mascot en 1930

mascot

Les De Havilland Moth au stationnement à Sydney en 1930

sidney
L’arrivée à Sydney marque la fin heureuse de la première aventure aérienne de Sir Francis Chichester. Il y en eut d’autres ! Vingt ans après la première traversée de la Manche (30 km), un simple touriste aérien a ainsi parcouru dans son petit avion 20.000 km en 40 jours, soit 550 km par jour ou encore 4h30 de vol. 80 ans après, à bord d’un avion léger, on ne peut faire mieux. A la vue de l’itinéraire parcouru, on comprend le caractère exceptionnel de l’exploit de Sir Francis Chichester.

Francis Chichester avait une inaltérable confiance en lui. A l’inverse de certains des pilotes les plus célèbres de l’époque, il ne souffrait pas d’aquaphobie, affection qui fait perdre tous ses moyens au pilote traversant seul aux commandes de longues étendues maritimes. Il dormait peu et réfléchissait beaucoup. Cela lui permettait de décoller à l’aube dans les pays chauds et d’entretenir lui-même sa machine.

Son voyage de Londres à Sydney comporta quatre temps forts : la traversée de la manche, l’arrivée à Tripoli, la rencontre du mauvais temps sous les tropiques et la traversée de l’Australie. La traversée de l’Australie, presque banale dans les récits de Chichester, était, en l’absence de moyens de navigation, aussi dangereuse que la traversée sans horizon artificiel des cascades d’eau du front intertropical. De 1930 à 1940 beaucoup de pilotes y laissèrent leur vie tels ceux de l’aventure dite « Coffee Shop » du célèbre aviateur australien Sir Charles Kingsford-Smith.

L’avion de Sir Francis, le De Havilland DH-60 Moth, explique en grande partie comment Chichester s’est sorti des mauvaises passes. Il eut la chance d’avoir une machine d’une fiabilité rarement égalée jusqu’à nos jours, et de piloter un avion qui surtout n’allait pas vite, tout en étant très manœuvrant et qui, en 1930, avait déjà été construit à plus de 1.000 exemplaires dispersés entre l’Angleterre et son Empire.

Aussi dans le mauvais temps, Chichester pouvait réduire sa vitesse à 100 km/h, virer pratiquement sur place tout en conservant un avion parfaitement stable et loin du décrochage (vitesse de décrochage du Moth avec moteur, environ 60 km/h). Dans la pluie et la mauvaise visibilité, il pouvait sortir la tête du cockpit. Il était comme sur une moto…

Il eut encore la chance d’avoir un biplan équipé d’un moteur en ligne Gipsy monté droit, c’est-à-dire avec les cylindres sur le haut. Ce montage gênait un peu la visibilité directe vers l’avant mais permettait un accès immédiat aux culasses sans carénages à démonter, aux soupapes et à leur siège, principaux points d’usure. De plus, à l’arrêt, l’huile descendait par gravité dans le carter et les bougies restaient propres. Les démarrages étaient donc faciles à faire seul à la main en balançant l’hélice. Enfin, il y avait un agent De Havilland disposant de pièces détachées de Moth dans toutes les grandes villes de l’Empire britannique alors au faîte de son rayonnement.

La personnalité de Chichester explique le reste. Son exceptionnelle ténacité lui fait réparer son moteur et son avion alors qu’il n’a aucune expérience des machines volantes. Ses dons hors du commun pour la navigation – il avait certainement, comme les pigeons, de la magnétite dans le sang – lui firent prendre les bonnes décisions lorsque, de nombreuses fois, il constata qu’il s’était égaré. La célèbre aviatrice Amy Johnson disait de lui en 1936 : « C’est le plus grand navigateur de tous les temps » et la méthode de navigation Chichester dite de « l’erreur délibérée » fut reprise par nombre d’aviateurs et la RAF.

De 1930 à 1937, beaucoup de pilotes suivirent l’exemple de Chichester volant vers l’Australie. En 1933 à la belle saison, le terrain de Rutbah Wells (Irak) voyait chaque semaine passer un de ces fous volants au long cours. Beaucoup périrent tandis que les lignes aériennes régulières, emportant enfin des passagers, rendaient leurs exploits inutiles tant pour le développement technique de l’aviation que pour le temps gagné sur tout autre moyen de transport. L’imminence de la guerre mit un point final à ces aventures aériennes de solitaire.    ♦♦♦

Les sources de ce récit viennent en grande partie du livre « Solo to Sydney  » écrit par Francis Chichester en avril 1930, dès son retour en Nouvelle Zélande.

J’ai piloté l’avion de Chichester !

Le DH-60 Moth est l’avion à l’origine de l’aviation privée, car le premier à être une copie en réduction d’avions militaires. Doté d’un moteur 4-cylindres en ligne léger, puissant et fiable dont les cylindres et pistons étaient au début de la production ceux des surplus de guerre du moteur français Hispano monté sur le Spad, un 8-cylindres en V.

60moth
Il est incroyablement facile à piloter grâce notamment à ses becs de sécurité rétractables sur l’aile supérieure. Rien à voir donc avec les autres biplans de l’époque : Stampe, Bücker ou Waco, plus sportifs. J’ai piloté à Headcorn, aérodrome proche de Canterbury, siège du Moth Club, un des plus beaux exemplaires restant. Il est équipé d’une béquille à la place de l’habituelle roue arrière, béquille qui est son seul moyen de freinage à l’atterrissage mais qui oblige au sol à pousser sur le manche et à donner des coups de gaz pour le faire tourner dans le vent.

La visibilité est médiocre vers l’avant mais dans la cabine, on ne sent que très peu le souffle de l’hélice. 2.100 tr/mn, décollage à 50 mph, montée à 70 mph. L’avion est doux aux commandes et fait exactement ce qu’on lui dit de faire. Approche 1.200 tr/mn à 65 mph. Atterrissage tout réduit à 55 mph, un léger arrondi et l’avion touche le sol en douceur et s’arrête en 200 m sur un sol herbu. J’ai eu l’impression de pouvoir aller au bout du monde avec ce Moth qui est un prolongement naturel du corps du pilote, prolongement lui permettant de voler…

Jean-Philippe Chivot

 

Partager :

  • Partager
  • Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
  • Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X

J’aime ça :

J’aime Chargement…
  • Facebook
  • RSS

Newsletter aeroVFR

Manifestations

Exposition : la photo aérienne et spatiale

La photo aérienne au fil des âges… En lien avec le colloque sur le même type programmé du 18 au 20 novembre 2026, une exposition intitulée « La photographie aérienne et spatiale : entre héritage et usages contemporains » aura lieu au musée de l’Air et de l’Espace (MAE, Le Bourget) du 15 novembre 2026 au 14 […]

La photographie aérienne et spatiale

Un colloque entre héritage et usages contemporains La photographie a 200 ans en 2026 – sur la base des travaux de Nicéphore Niépce, ingénieur français, connu comme étant « l’inventeur de la photographie », appelée alors « procédé héliographique ». D’où le Bicentenaire de la Photographie organisé par le ministère de la Culture du 1er septembre 2026 au 30 […]

Les aviateurs de la France libre

Exposition du 15 octobre 2026 au 14 février 2027. En 1940, ils ont fait le choix de continuer le combat. Pilotes, navigateurs, mécaniciens et volontaires féminines de l’Air, les aviateurs des Forces aériennes françaises libres (FAFL) ont combattu sur tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande-Bretagne avec la Royal Air Force […]

Bulles de l’Air et de l’Espace

14e édition de ce festival à Evreux le 25 octobre 2026. Ce festival de la BD prend place sur la base aérienne 105 d’Evreux avec rencontre et dédicaces avec les auteurs de bandes dessinées, visite du musée de la BA105, visite d’avions récents et anciens (C130J Hercules, Casa CN-235, Breguet Deux-Ponts, Transall C-160). À 14h30, […]

Mermoz aux enchères…

200 lots d’objets ayant appartenu au célèbre pilote disparu il y a 90 ans. Le 3 novembre 2026, une vente aux enchères devrait disperser un ensemble d’objets et de souvenirs personnels ayant appartenu à Jean Mermoz (1901-1936), conservés par sa famille depuis sa disparition en décembre 1936 aux commandes du Latécoère « La Croix du Sud ». […]

Une histoire des drones

Conférence sur l’histoire des drones, civils et militaires. Le Groupe Occitanie de l’Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF) une conférence retransmise en duplex entre l’ENAC (Montpellier) et l’ENAC (Toulouse) ayant pour titre « Une histoire des drones ». Elle sera donnée par Gérard Pujol, professeur agrégé de sciences physiques et formateur en aéronautique (CAEA) à l’Académie […]

Lucio Perinotto s’expose

Exposition du 8 au 25 octobre 2026 à Versailles. Au Carré des Antiquaires (Versailles), le Peintre de l’Air Lucio Perinotto exposera une vingtaine d’oeuvres inédites (toiles, aquarelles et dessins) dédiées à ses deux passions : l’aviation et la marine. Entre puissance des moteurs en étoile de « propliners » et nostalgie des grands voyages en paquebot, chaque […]

Plus d'article de cette catégorie

Derniers articles parus

  • Exposition : la photo aérienne et spatiale 12 octobre 2026
  • La photographie aérienne et spatiale 12 octobre 2026
  • Piqûre de saison… 11 octobre 2026
  • Séminaire Sécurité des vols à Toulouse 10 octobre 2026
  • Un planeur de formule aile volante 9 octobre 2026
  • Quizz aéro avec PlaneLearn 9 octobre 2026
  • Une ZRT à Peyrelevade 9 octobre 2026
  • Elixir : ouverture d’enquête pour le BEA 8 octobre 2026
  • Les aviateurs de la France libre 8 octobre 2026
  • De Cognac à Bergerac 8 octobre 2026
  • Tensions sur l’Avgas 7 octobre 2026
  • Du rotor anti-couple… 7 octobre 2026
  • Bulles de l’Air et de l’Espace 7 octobre 2026
  • Mermoz aux enchères… 6 octobre 2026
  • Une histoire des drones 6 octobre 2026
  • Mayday Fuel en Boeing 737 5 octobre 2026
  • Du VFR on top… 5 octobre 2026
  • Lucio Perinotto s’expose 4 octobre 2026
  • Gestion carburant et centrage 3 octobre 2026
  • Immobilisation de la flotte d’Elixir 2 octobre 2026
  • Les Ailes de Pohjola 2 octobre 2026
  • Le GIGN à Orléans… Saint-Denis 1 octobre 2026
  • Les menaces en sortie de groupe… 30 septembre 2026
  • Plan de vol : retard à l’allumage… 29 septembre 2026
  • Quatre ZRT secteur de Saint-Affrique 29 septembre 2026

Site d'information aéronautique, aeroVFR.com offre un panorama de l'actualité du pilote VFR.


Découvrez chaque jour l'info aéronautique concernant Industrie (constructeurs, motoristes, héliciers, équipementiers)

Manifestations (meetings, compétitions, expositions, conférences) | Culture (livres, cinéma, aviation de collection, musées)

Pratique (pilotage, espace aérien, réglementation) | Safety First (facteurs humains, sécurité des vols)

Tous droits réservés ® | Mentions légales

%d