• Accueil
  • Mes livres
    • Rafale Marine
    • Du Vampire au Mirage 4000
    • La Saga Robin (2e édition)
    • Le Mook d’aeroVFR…
    • Autres livres
    • Dernières parutions
  • A propos d’aeroVFR
    • Auteurs
  • Contact
  • Météo du week-end
  • Webcams sur aérodrome
  • Escales sur aerodrome

aeroVFR

Informations de vol VFR

  • Actualités
  • Industrie
    • Constructeurs
    • Motoristes/héliciers
    • Equipementiers
  • Manifestations
    • Meetings
    • Expositions/Salons
    • Conférences
    • Compétitions/Rallyes
  • Histoire
    • Livres / revues
    • Histoire de l’aviation
    • Aviation de collection
    • Cinéma / TV / Photo
    • Musées
  • Cockpit
    • Pilotage
    • Espace aérien
    • Réglementation
    • Clubs et Fédés
  • Webcams
  • Safety first
    • Facteurs Humains
    • Sécurité des vols
  • Revue de presse
  • Humeur
Vous êtes ici : Accueil / Histoire / Mésaventures autour d’un De Havilland Dragon

Mésaventures autour d’un De Havilland Dragon

Publié le 20 avril 2021 par Jean-Philippe Chivot


Janvier-février 1935. Les mésaventures d’un De Havilland DH-84 Dragon entre Londres et Paris… Faits divers retrouvés par Jean-Philippe Chivot.

C’est un De Havilland Dragon, biplan bimoteur qui est une évolution du monomoteur Fox Moth, lui-même évolution du Moth, premier avion de l’aviation privée naissante. Le Fox Moth était un biplan dont une cabine fermée pouvait emmener 4 à 5 passagers avec un moteur Gipsy de 140 ch alors que le Moth était un biplace en tandem à l’air libre.

Les Hillman Airways, petite compagnie créée par un vendeur de bicyclettes devenu propriétaire d’une société d’autobus à succès, puis désireux de se lancer dans l’aérien, avaient dès leur création utilisé des avions De Havilland. A leur demande De Havilland conçut une version bimoteur du Fox Moth qui croisait à 180 km/h avec deux Gipsy de 140 ch, 6 passagers avec chacun 20 kg de bagages, version qui fut appelée Dragon Moth puis simplement Dragon.

La compagnie Hillman Airways
La compagnie fut fondée en novembre 1931 sous le nom de Hillman’s Saloon Coaches and Airways Limited par Edward Henry Hillman, qui possédait des autocars dans l’Essex. Le premier service de la compagnie aérienne fut un vol un vol affrété le 25 décembre 1931 puis suivit un service régulier en 1932 entre Romford et Clacton utilisant un De Havilland Puss Moth et un De Havilland Fox Moth.


À partir du 1er décembre 1934, la compagnie reçut un contrat pour le transport aérien entre Londres, Liverpool, Glasgow et Belfast puis ouvrit des lignes vers l’Europe continentale, Paris, Ostende et Bruxelles. Juste avant la mort d’Edward Hillman, le 31 décembre 1934, à l’âge de 45 ans, la compagnie devint une société par actions et enfin elle fusionna avec deux autres compagnies aériennes pour former British Airways.

Les dessertes Hillman de 1935



Le premier vol européen eut lieu à l’été 1932 à destination de Paris en De Havilland Dragon
– un DH-84 immatriculé G-ACAN, similaire à celui en ouverture de cet article. Un horaire indique que le voyage commencait par la route de Charing Street de Londres à Maylands Aerodrome, durée 45 minutes, uivi d’un vol de 2 heures et 10 minutes à travers la Manche jusqu’à l’aérodrome du Bourget, puis d’un autre trajet de 30 minutes en voiture jusqu’au 25, rue Royale, à Paris.

Deux vols par jour étaient effectués dans chaque sens. Des tarifs spéciaux pour le week-end étaient proposés. Les billets aller-retour pour Paris avec 15 kilos de franchise bagages étaient moins cher que le tarif aller simple par Air France. En effet Edward Hillman considérait ses pilotes comme des conducteurs de bus et ne voulait pas les payer plus cher, ce qui occasionnait certaines tensions au sein du personnel… Hillman décéda fin 1934 d’une crise cardiaque et son fils d’une vingtaine d’années lui succéda quelques mois avant que la compagnie ne fut fusionnée avec d’autres pour devenir British Airways

Première mésaventure le 26 janvier 1935 : l’or tombé du ciel
Seize barres d’or, réparties en deux caisses, ont été perdues, en vol, le 26 janvier, par un avion des Hillman’s Airways qui les transportait de Paris à Londres sans que son pilote Kirton s’en soit aperçu. C’est, depuis que l’avion est devenu un transporteur d’or, la première fois qu’un tel accident se produit. Les caisses, contenant l’or, ont rompu leurs amarres et sont tombées au cours du voyage, entrepris par très mauvais temps.

– Etape 1 : journal du 27 janvier 1935, l’or perdu. On n’a pas encore retrouvé, dans la campagne française, ces deux caisses d’or qui sont tombées d’un avion en vol, entre Paris et Londres. On n’a découvert jusqu’ici qu’une valise. Mais on sait, d’après les déclarations des passagers et du pilote, que l’avion fut secoué violemment dans la vallée de la Bresle, petit fleuve côtier. Alors que l’appareil survolait le village de Sénarpont, un des deux passagers, inquiet, a regardé par une lucarne placée dans la cloison de la soute à bagages, contiguë à la cabine, et a constaté que le plancher était défoncé et que presque tous les bagages avaient été happés par l’ouverture. Il le signala alors au pilote, mais celui-ci, très occupé par ses calculs de navigation, le pria de se tenir tranquille… Sur tout le trajet, entre le Bourget et Stapleford, gendarmes, gardes champêtres, maires, paysans, furent alertés. Qui allait retrouver les 100 kilos d’or ?

– Etape 2 : journal du 30 janvier : l’or retrouvé Abbeville, 30 janvier 1935. C’est un brave ouvrier agricole de la commune d’Inval-Boiron, M. Paul Dion, qui a découvert six des lingots d’or tombés de l’avion Paris-Londres, samedi, en fin de la matinée.
– « Nous étions partis, ma femme et moi, nous a déclaré M. Dion, pour aller chercher du bois dans la campagne. Il fait bien froid, l’hiver, et il faut bien que nos petits se réchauffent quand la mère et moi partons travailler à la minoterie. Nous nous étions éloignés d’environ 500 mètres de la maison, en direction de la voie ferrée de Paris au Tréport, qui passe à 3 ou 4 kilomètres de chez nous, lorsque soudain, sous la neige, j’aperçus des débris de caisses en bois blanc.
Ça pouvait être des pièges, en effet, car, à cette époque-ci, les gardes en mettent pour les braconniers ».

« Alors, nous avons quitté le « bois blanc » et nous sommes retournés à la maison. Et puis, hier à midi, comme nous déjeunions à la minoterie, nous avons appris, par des camarades, qu’un avion avait perdu des caisses d’or et que ces caisses pouvaient bien être tombées dans la région ». M. Dion s’interrompt un instant, encore tout ému de sa trouvaille : « Vous savez, reprend-il, ça nous a fait un coup, à ma femme et à moi.Nous sommes retournés sur les lieux et nous avons travaillé jusqu’à huit heures et demi du soir pour dégager les deux caisses enfoncées dans le sol enneigé de 30 centimètres à 1 mètre. Dans l’une des caisses, il y avait quatre lingots, dans l’autre, deux lingots ».

— « Et alors ? »
— « Alors ? Eh bien nous avons avisé la gendarmerie ».

M. Paul Dion est décidément un brave et honnête homme. Et s’il est vrai que M. Dicking, un des administrateurs du Lloyds, avait promis une récompense de 1.000 livres à la personne qui retrouverait les lingots tombés de l’avion, M. Paul Dion en fut-il le bénéficiaire ?


Les gendarmes se sont rendus dans la pâture où gisait le trésor retrouvé. Il fallut travailler de longues heures à défoncer le sol gelé, à coups de pioche, et bêcher sous la clarté des projecteurs pour arriver aux lingots qui, par la force acquise, avaient continué leur trajet et s’étaient enfoncés dans la terre à une profondeur de près d’un mètre. Les recherches ont trouvé six lingots d’un poids global de 79 kg. Aussitôt la gendarmerie fit part de la trouvaille et on a demandé à la banque anglaise le poids exact du chargement que l’avion transportait.
Les gendarmes ont continué leurs recherches,

– Etape 3 : l’or récupéré Le chargement retrouvé près de Senarpont, dans la Somme, fut quelques iours plus tard retourné au Bourget et gagna enfin Londres, le 31, par la voie des airs, cette fois sans incident…

Deuxième mésaventure, un mois plus tard, le 22 février 1935
Le même pilote, Kilton, le même avion Dragon des Hillman’s Airways, le même trajet Londres-Paris. Le 15 février 1935, un hydravion Short Singapore S-19 (image ci-dessous) de la RAF tombe en panne au-dessus des montagnes du nord de la Sicile et s’écrase. Les neuf occupants sont tués. Parmi eux deux officiers qui ont pour petites amies deux soeurs, Jeanne et Elisabeth Coert du Bois, agées de 20 et 23 ans, filles du consul des Etats-Unis à Naples, soeurs qu’ils ont connues en Italie.


Les deux soeurs sont inconsolables… Elles se rendent à Londres et demeurent pendant plusieurs jours dans un grand hôtel, enfermées en pleurs dans leur chambre. Elles achètent ensuite les six places disponibles dans un Dragon des Hillman’s pour le trajet Londres-Paris, deux places pour elles et les quatre autres pour des amis devant les rejoindre. Elles embarquent seules à 10h00 du matin sur l’aérodrome de Stapleford (Essex).

Au bout d’une heure de vol, alors que le Dragon survole la Manche, le pilote se retourne et ouvre la petite porte de séparation avec la cabine passagers.


Quelle n’est pas sa stupéfaction en découvrant que les deux fauteuils mitoyens, où s’étaient assisses les passagères, sont vides !


Voyant la porte d’accès mal fermée, il pense à un accident et fait demi-tour. Entre temps vers 10h30, un paysan d’Upminster, à 13 km de l’aérodrome de départ, voit dans son champ deux jeunes filles mortes se tenant par la main. Les deux soeurs s’étaient suicidées en sautant de l’avion.

L’affaire fit grand bruit dans les journaux britanniques italiens et français. Le commentateur du Figaro, « Guermantes », fit part de son émotion dans l’article suivant, paru le 23 février 1935 : « Tombées du ciel. L’imagination rejoint ces jeunes filles qui se sont jetées du haut d’un avion et fait à leur mort un accueil apitoyé. Personne, hier soir, en lisant cette dépêche anglaise qui nous disait leur chute, puis leur nom, n’a pu apprendre cette nouvelle comme un suicide ordinaire. L’ambiguïté de l’information, le doute où l’on était de se trouver en présence d’un accident ou d’un désespoir, ce signe fraternel, enfin, qui semblait indiquer la volonté de mourir : la main dans la main, tout et jusqu’à la nouveauté du moyen, nous amenait à cet état où l’esprit s’attache à ce qui ne lui était rien, quelques instants auparavant, et l’adopte douloureusement pour le déchiffrer »…

« On interprète, selon ses préférences, ses habitudes d’esprit, ce que la nouvelle vous apporte. Ceux-là y auront vu le chromo en couleurs où deux jeunesses, têtes bouleversées, les robes flottantes, les mains nouées l’une à l’autre, vont aller s’écraser sur le sol. J’écarte cette réalité, je maintiens ces jeunes filles au-dessus de l’inconnu, et je ne veux plus voir que leur sillage mystérieux, comme deux étoiles nouvelles, dans le ciel du désespoir ».


Le pilote de l’avion était M. J. Kirton, qui avait récemment perdu plusieurs caisses d’or alors qu’il volait de Londres à Paris. Interrogé, il déclara :
— « Je ne me suis aperçu de rien, je n’ai rien entendu mais j’ai été frappé, au départ, par l’agitation de mes deux passagères, qui me semblèrent extrêmement nerveuses. J’avais trouvé également étonnant le fait qu’elles avaient retenu pour elles seules toutes les places. J’ai retrouvé, sur les deux fauteuils qu’elles occupèrent, deux lettres. Chacune des jeunes filles avait écrit un mot à leur père, sans doute pour lui expliquer les raisons de leur dramatique détermination ».

Le pilote a donc eu le malheur d’être responsable du même avion lorsque la double tragédie du suicide décrite ci-dessus s’est produite, et pour l’affaire de « l’or perdu ». Peu de temps après M. Kirton démissionna et trouva du travail ailleurs. Il affirma que « son départ, bien sûr, n’était en aucune façon lié aux deux malheureux accidents » !   ♦♦♦  Jean-Philippe Chivot, avec l’aide de la presse de l’époque.   

Photos via l’auteur et © CC/RuthAS pour l’ouverture, Imperial War Museum (domaine public) pour le Short S-19.

Partager :

  • Partager
  • Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
  • Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X

J’aime ça :

J’aime Chargement…
  • Facebook
  • RSS

Newsletter aeroVFR

Manifestations

Marie Marvingt sur France Inter

Une étonnante pionnière de l’aviation sortie de l’oubli… Chaque jour de la semaine, sur France Inter, Fabrice Drouelle anime l’émission « Affaires sensibles », évoquant un événement particulier ou un personnage. Pour ce jeudi 22 octobre 2026, un coup de projecteur sera mis sur Marie Marvingt, pionnière de l’aviation peu connue et pourtant…

Conférence sur l’archéologie aérienne

Avions légers et ULM, machines à remonter le temps ! Le Groupe Île-de-France de l’Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF), en partenariat avec le groupe Centre de la 3AF et le Groupement des Ingénieurs et Cadres Supérieurs de l’Aviation Civile (GIACRE), propose une conférence intitulée « Archéologie aérienne. Avions légers et ULM, machines à remonter […]

Agenda aeroVFR de fin de saison 2026

Quelques dates de fin de saison… Novembre 2026 1er novembre : Démonstrations en vol (10h30/14h00) du Museo de Aviones Históricos en Vuelo de la Fundación Infante de Orleans, aérodrome Cuatro Vientos, Madrid. https://fio.es 14 novembre : 20e séminaire Sécurité des vols Avion et ULM à l’Enac, campus de Toulouse-Rangueil. AUATBL et AC Airbus Toulouse.

Exposition : la photo aérienne et spatiale

La photo aérienne au fil des âges… En lien avec le colloque sur le même type programmé du 18 au 20 novembre 2026, une exposition intitulée « La photographie aérienne et spatiale : entre héritage et usages contemporains » aura lieu au musée de l’Air et de l’Espace (MAE, Le Bourget) du 15 novembre 2026 au 14 […]

La photographie aérienne et spatiale

Un colloque entre héritage et usages contemporains La photographie a 200 ans en 2026 – sur la base des travaux de Nicéphore Niépce, ingénieur français, connu comme étant « l’inventeur de la photographie », appelée alors « procédé héliographique ». D’où le Bicentenaire de la Photographie organisé par le ministère de la Culture du 1er septembre 2026 au 30 […]

Les aviateurs de la France libre

Exposition du 15 octobre 2026 au 14 février 2027. En 1940, ils ont fait le choix de continuer le combat. Pilotes, navigateurs, mécaniciens et volontaires féminines de l’Air, les aviateurs des Forces aériennes françaises libres (FAFL) ont combattu sur tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande-Bretagne avec la Royal Air Force […]

Bulles de l’Air et de l’Espace

14e édition de ce festival à Evreux le 25 octobre 2026. Ce festival de la BD prend place sur la base aérienne 105 d’Evreux avec rencontre et dédicaces avec les auteurs de bandes dessinées, visite du musée de la BA105, visite d’avions récents et anciens (C130J Hercules, Casa CN-235, Breguet Deux-Ponts, Transall C-160). À 14h30, […]

Plus d'article de cette catégorie

Derniers articles parus

  • Mortagne-au-Perche devient restreint 24 octobre 2026
  • Retour à l’heure d’hiver 24 octobre 2026
  • Taxes chez Edeis and Co 23 octobre 2026
  • Une visite médicale mieux proportionnée ? 22 octobre 2026
  • Coup de projecteur sur Lasbordes 22 octobre 2026
  • Les AZBA via les Notam 22 octobre 2026
  • Fin de production pour Aquila Aviation 22 octobre 2026
  • Aura Aero, du civil au militaire 22 octobre 2026
  • A400M et turbulence de sillage… 21 octobre 2026
  • Marie Marvingt sur France Inter 21 octobre 2026
  • Espaces aériens secteur du Luc 20 octobre 2026
  • Dans le sillage d’un hélicoptère… 19 octobre 2026
  • Des drones secteur Puimoisson 18 octobre 2026
  • ZRT à Condom 17 octobre 2026
  • Conférence sur l’archéologie aérienne 16 octobre 2026
  • BEA : le second régime de vol… 15 octobre 2026
  • Deux ZRT dans l’est… 15 octobre 2026
  • ZRT à Dinard 15 octobre 2026
  • Agenda aeroVFR de fin de saison 2026 14 octobre 2026
  • Altitude barométrique ou GPS… 13 octobre 2026
  • Exposition : la photo aérienne et spatiale 12 octobre 2026
  • La photographie aérienne et spatiale 12 octobre 2026
  • Piqûre de saison… 11 octobre 2026
  • Séminaire Sécurité des vols à Toulouse 10 octobre 2026
  • Un planeur de formule aile volante 9 octobre 2026

Site d'information aéronautique, aeroVFR.com offre un panorama de l'actualité du pilote VFR.


Découvrez chaque jour l'info aéronautique concernant Industrie (constructeurs, motoristes, héliciers, équipementiers)

Manifestations (meetings, compétitions, expositions, conférences) | Culture (livres, cinéma, aviation de collection, musées)

Pratique (pilotage, espace aérien, réglementation) | Safety First (facteurs humains, sécurité des vols)

Tous droits réservés ® | Mentions légales

%d