• Accueil
  • Mes livres
    • Rafale Marine
    • Du Vampire au Mirage 4000
    • La Saga Robin (2e édition)
    • Le Mook d’aeroVFR…
    • Autres livres
    • Dernières parutions
  • A propos d’aeroVFR
    • Auteurs
  • Contact
  • Météo du week-end
  • Webcams sur aérodrome
  • Escales sur aerodrome

aeroVFR

Informations de vol VFR

  • Actualités
  • Industrie
    • Constructeurs
    • Motoristes/héliciers
    • Equipementiers
  • Manifestations
    • Meetings
    • Expositions/Salons
    • Conférences
    • Compétitions/Rallyes
  • Histoire
    • Livres / revues
    • Histoire de l’aviation
    • Aviation de collection
    • Cinéma / TV / Photo
    • Musées
  • Cockpit
    • Pilotage
    • Espace aérien
    • Réglementation
    • Clubs et Fédés
  • Webcams
  • Safety first
    • Facteurs Humains
    • Sécurité des vols
  • Revue de presse
  • Humeur
Vous êtes ici : Accueil / Cockpit / Facteurs humains pour un Spitfire

Facteurs humains pour un Spitfire

Publié le 20 octobre 2024 par François Besse


Un pilote, un Spitfire, trois réservoirs… et un atterrissage forcé.

Un accident est bien souvent le point final d’un enchaînement de faits parfois insignifiants mais qui, tous réunis et parfaitement en phase (les fameuses plaques de James Reason dont les « trous » s’alignent parfaitement…), mènent à la situation non désirable… Un rapport de l’Air Accident Investigation Branch (le BEA anglais), portant sur l’accident d’un Supermarine Spitfire, en est un exemple parfait.

Un Spitfire biplace en est à son troisième vol de la journée en ce 6 mai 2024 quand, avant d’atterrir, son pilote bascule le sélecteur carburant des ailes vers le réservoir de fuselage. Trente secondes plus tard, le moteur s’arrête faute de carburant. Le pilote ne parviendra pas
à le relancer. Il est à 2.000 ft AGL et ne peut rejoindre Sywell. Il se dirige vers une piste privée à proximité, émet un Mayday, prévient son passager de l’atterrissage forcé afin d’ouvrir verrière et porte latérale, pour faciliter l’évacuation. Proche de la piste privée, l’énergie est trop élevée. Il effectue des S, sort train et volets et pose le biplace au premier quart de la piste de 500 m de long.

Une fois la roulette arrière au sol, il freine mais la fin de la piste est en descente et la décélération est trop lente pour ne pas sortir de piste. Il doit donc virer à droite pour éviter une haie, la roue principale droite s’enfonce dans du sol mou, l’appareil bascule sur le nez et l’aile gauche. L’hélice et le saumon sont endommagés. Le longeronnet arrière de l’aile gauche sera trouvé flambé par la suite. Cette panne de carburant « involontaire », car plus de 270 litres d’essence seront retirés des réservoirs de voilure, est due à l’assèchement du réservoir de fuselage et à une gestion carburant imparfaite.

Il faut remonter le temps pour comprendre comment on en est arrivé à cette situation…
Le G-LFIX ML407 est un modèle Mk IX utilisé durant la Seconde Guerre mondiale puis transformé après guerre en biplace par l’Irish Air Corps. Retiré du service par la suite, sa restauration ne débutera qu’en 1979. À cette occasion, les réservoirs d’ailes passeront d’une capacité de 13 Imperial Gallons (59 litres) à deux fois 60 Imp. Gal. (272 litres). Le réservoir de fuselage (39 Imp. Gal. soit 177 litres) sera conservé.

Le circuit carburant sera modifié pour alimenter le moteur depuis le réservoir de fuselage avec une pompe électrique utilisée au départ pour alimenter le moteur depuis une nourrice, ou par simple gravité depuis les réservoirs de voilure. Une pompe mécanique entraînée par le moteur se trouve en aval du sélecteur de réservoirs. Mais les réservoirs de voilure ne bénéficient pas d’une jauge dans le cockpit, contrairement au réservoir de fuselage. Sa quantité de carburant est affichée sur un instrument dans le coin bas droit du tableau de bord quand un bouton est enfoncé par le pilote. Sans ce bouton ou en appuyant en continu sur le bouton pour lire la jauge de façon permanente mènerait à la casse de l’instrument.

Le jour de l’accident, le chasseur de 1944 avait été avitaillé avec environ 120 Imp. Gal. (545 l), soit environ 185 litres par aile et 185 litres dans le fuselage. La consommation moyenne calculée sur plusieurs années par l’exploitant atteint les 60 Imp. Gal. par heure (270 l/h) permettant trois vols de 25 mn avec une réserve de 30 mn. Les procédures appliquées sont de faire le décollage et l’atterrissage sur le réservoir de fuselage car les réservoirs d’aile alimentant le moteur par gravité sont moins fiables lors de manoeuvres au sol. Il y a de plus le bénéfice de la pompe électrique liée au réservoir de fuselage pour les manoeuvres proches du sol. Une fois en vol, les réservoirs de voilure sont utilisés.

Le jour de l’accident, un premier vol a été effectué pour entraînement avec un autre pilote en place avant et, à l’arrière, le pilote qui allait être accidenté. Au second vol, ce dernier est passé en place avant avec un ami du propriétaire en place arrière, comme passager. A la prévol, le pilote a validé le contenu du réservoir de fuselage via la jauge, la quantité étant jugée conforme et suffisante pour les vols prévus. Lors de ce second vol de la journée pour le Spit et le premier du pilote aux commandes, ce dernier pense qu’il a été distrait car après le décollage, il n’est pas passé sur les réservoirs de voilure. Premier trou…

Au retour de ce vol, il a souhaité faire une approche directe, mais approchant du terrain de Sywell il a noté que la piste en service avait changé. Il a donc modifié sa trajectoire et lors de la préparation machine avant atterrissage, il a découvert le sélecteur carburant sur le réservoir de fuselage. Avec le changement récent de projet d’atterrissage, il a alors pensé qu’il avait déjà rebasculé le sélecteur des réservoirs de voilure vers le réservoir de fuselage. Son attention n’a donc pas été attirée par l’oubli des réservoirs de voilure après son décollage. Deuxième trou…

Une fois au sol, un autre passager a embarqué à l’arrière. Le pilote suit la check-list avant démarrage mais il est interrompu (la fameuse rupture de charge…) et il ne vérifie pas le contenu du réservoir de fuselage à la jauge. Troisième trou… Décollage, vol nominal et retour à Sywell. Peu avant l’approche, il passe le sélecteur des réservoirs de voilure vers le réservoir de fuselage avant que le moteur ne s’arrête quelques dizaines de secondes plus tard, faute de carburant. La pompe électrique a poursuivi son travail avec une bulle d’air créée qui n’a pu être résorbée par le carburant arrivant par gravité quand le pilote a rebasculé le sélecteur vers les réservoirs de voilure. Le Rolls-Royce Merlin 25 n’entraînant pas la pompe mécanique, celle-ci n’a pu alimenter le circuit et permettre un redémarrage malgré des actions en lacet du pilote.

L’AAIB indique que facteur initiateur a été l’oubli du pilote, lors du second vol de l’appareil, de passer sur les réservoirs d’aile après décollage. Deux « récupérations » de l’erreur auraient pu être possibles mais les circonstances les ont empêchées de le faire. La première, lors de l’approche sur le terrain à l’issue du second vol : si la piste en service n’avait pas changé, le pilote aurait pu réaliser qu’il avait utilisé seulement le réservoir de fuselage durant tout son vol, sans imaginer qu’il venait de changer de réservoir quelques minutes auparavant. Quatrième trou… Le rapport montre ainsi qu’une « absence » courte du pilote peut avoir de grandes conséquences. Pilote de ligne avec plus de 23.000 heures de vol dont 90 sur Spitfire, ce n’était pas un débutant…

La seconde opportunité est survenue lors de la check-list avant le troisième vol. Sans perturbation extérieure, il aurait pu identifier le contenu du réservoir de fuselage, noter sa faible quantité et en tirer les conséquences. Cinquième trou… Avec des passagers amis du propriétaire, l’AAIB note une possible ambiance détendue à bord qui a pu faire baisser la vigilance du pilote. Si le pilote avait vérifié la contenance du réservoir de fuselage à chaque vol, il aurait pu identifier le niveau baissant progressivement, au-delà des valeurs attendues. Depuis, l’exploitant a rajouté dans les procédures la confirmation de la quantité de carburant dans le réservoir de fuselage avant d’utiliser le sélecteur…

En commentaire, l’AAIB indique que la distraction et l’interruption de tache constituent des aspects inévitables du pilotage, quel que soit le moment de leur survenue, lors de la préparation du vol ou lors d’une phase en vol. Leurs conséquences peuvent être immédiates ou plus ou moins reportées dans le temps.

On rajoutera à cela que pour poursuivre le vol, un avion a besoin d’un moteur en fonctionnement, donc alimenté en carburant. On peut oublier les volets, la pompe électrique, la fermeture de la verrière ou de la soute à bagages, l’avion volera quand même, mais ce ne sera pas le cas si le carburant fait défaut. Les erreurs des uns doivent servir aux autres à ne pas les refaire…

D’où l’importance à chaque vol – avant le décollage, pendant le vol et avant l’atterrissage – d’un bon bilan carburant avec quelques questions à se poser :
– quelle quantité à bord et quelle quantité nécessaire au vol prévu (adéquation) ?
– où se trouve ce carburant à bord (multiples réservoirs) ?
– quels sont les non-consommables ou les particularités du circuit carburant ?
– quel ordre d’utilisation des différents réservoirs selon le manuel de vol (centrage) ?
– quelle autonomie sur la base de la consommation horaire moyenne sans faire totalement confiance aux jauges ?   ♦♦♦

Photo © CC/Alan Wilson

Rapport de l’AAIB en téléchargement
SpitfireG-LFIX

Partager :

  • Partager
  • E-mail
  • Imprimer
  • Facebook
  • Twitter

J’aime ça :

J’aime chargement…
  • Facebook
  • RSS

Newsletter aeroVFR

Manifestations

France Air Expo 2026

Du jeudi 4 au samedi 6 juin à Lyon-Bron Le « seul salon dédié à l’Aviation générale en France », se tiendra sur l’aéroport de Lyon-Bron les 4-6 juin avec plus de 60.000 m² d’exposition. 175 exposants (constructeurs, ateliers, équipementiers, unités de formation, assureurs, etc.) et marques sont attendus et plus de 60 avions et ULM neufs […]

Fabrication d’un simulateur A320 Neo

Le thème d’une visio-conférence de l’A3F en juin prochain. La commission technique « Aviation légère et Machines dérivées » de l’Association aéronautique et astronautique de France (3AF) en association avec les Groupe Île-de-France et Centre, et le Groupement des ingénieurs et cadres supérieurs de l’Aviation civile (GIACRE), proposera le 18 juin une conférence intitulée « Fabrication d’un simulateur […]

Journée Portes ouvertes à Baisy-Thy

Le 7 juin 2026 sur la base ULM au sud de Bruxelles. Se présentant comme « le plus grand club ULM d’Europe », la base ULM Baiy-Thy ouvrira exceptionnellement ses portes au grand public le dimanche 7 juin à partir de 12h00. Créé en 1984 par Roland Coddens et désormais géré par Christoph et Didier Coddens, ULM […]

Le Temps des Hélices 2026

53e édition du meeting de l’Amicale Jean-Baptiste Salis. Week-end de la Pentecôte oblige, cette édition se déroulera les 23 et 24 mai 2026 sur l’aérodrome de Cerny/La Ferté-Alais (91). L’incontournable manifestation de la saison se déroulera classiquement en deux temps selon son schéma habituel :

Fly-in Aeroprakt

Du 14 au 16 mai à Villeneuve-sur-Lot. Edit du 9 mai : suite aux prévisions météorologiques, report de l’événement à une date ultérieure. « Evénement convivial organisé à titre privé » par ATA Distribution, le 2e fly-in « Fly Aeroprakt » vise à rassembler pilotes et utilisateurs des ULM Aeroprakt. Il aura lieu du 14 au 16 mai 2026 […]

Meeting à Lann-Bihoué

Deux anniversaires pour la Marine nationale. Le 10 mai 2026, la Marine nationale fêtera ses 400 ans d’existence et les 80 ans de la base de Lann-Bihoué par un meeting sur cette dernière base. Le programme des vols est important avec plusieurs facettes.

Agenda aeroVFR pour mai 2026

Quelques dates à noter sur votre agenda pour le mois de mai 2026. Jusqu’au 1er mai : Stage collectif voltige Unlimited (avion) à Ambérieu. FFA. https://www.ffa-aero.fr 1er mai : Café-croissant à Orléans-Sainte-Denis-de-l’Hôtel. 1er-2 mai : Fête de l’aviation et Journées Portes ouvertes à Boulogne-sur-Mer. 2 mai : Coupe des Girondins (voltige avion) à Bordeaux-Léognan-Saucats. CRA10. […]

Plus d'article de cette catégorie

Derniers articles parus

  • France Air Expo 2026 10 mai 2026
  • Un SUP-AIP façon arlequin donc illisible 9 mai 2026
  • Fabrication d’un simulateur A320 Neo 8 mai 2026
  • Journée Portes ouvertes à Baisy-Thy 7 mai 2026
  • Des ZRT entre Dole et Pontarlier 6 mai 2026
  • Vols découverte et formation sur Mustang 6 mai 2026
  • ZRT à Saint-Jean de Luz 6 mai 2026
  • Comment ne pas rater des Notam ? 5 mai 2026
  • En mai à Marnes-la-Coquette 5 mai 2026
  • Mise à jour des webcams aéro 4 mai 2026
  • Saint-Cyr en travaux 4 mai 2026
  • Le Temps des Hélices 2026 3 mai 2026
  • Fly-in Aeroprakt 2 mai 2026
  • Meeting à Lann-Bihoué 2 mai 2026
  • Transpondeur et intrusion en espace contrôlé 1 mai 2026
  • Avec BestLeg, le porte-à-porte optimisé 30 avril 2026
  • Fin de partie pour Waco Aircraft 29 avril 2026
  • Des plates-formes collaboratives payantes 29 avril 2026
  • Représentation spatiale et gestion de trajectoires avec Hold 28 avril 2026
  • De Roanne à l’est de Clermont-Ferrand 27 avril 2026
  • Sofia-Briefing : accès erratique 26 avril 2026
  • De Tours à Limoges 23 avril 2026
  • Turbulences à la FFPLUM 22 avril 2026
  • Nouveautés au salon Aéro 2026 22 avril 2026
  • 24 Heures du Mans et espace aérien… 22 avril 2026

Site d'information aéronautique, aeroVFR.com offre un panorama de l'actualité du pilote VFR.


Découvrez chaque jour l'info aéronautique concernant Industrie (constructeurs, motoristes, héliciers, équipementiers)

Manifestations (meetings, compétitions, expositions, conférences) | Culture (livres, cinéma, aviation de collection, musées)

Pratique (pilotage, espace aérien, réglementation) | Safety First (facteurs humains, sécurité des vols)

Tous droits réservés ® | Mentions légales

%d