• Accueil
  • Mes livres
    • Rafale Marine
    • Du Vampire au Mirage 4000
    • La Saga Robin (2e édition)
    • Le Mook d’aeroVFR…
    • Autres livres
    • Dernières parutions
  • A propos d’aeroVFR
    • Auteurs
  • Contact
  • Météo du week-end
  • Webcams sur aérodrome
  • Escales sur aerodrome

aeroVFR

Informations de vol VFR

  • Actualités
  • Industrie
    • Constructeurs
    • Motoristes/héliciers
    • Equipementiers
  • Manifestations
    • Meetings
    • Expositions/Salons
    • Conférences
    • Compétitions/Rallyes
  • Histoire
    • Livres / revues
    • Histoire de l’aviation
    • Aviation de collection
    • Cinéma / TV / Photo
    • Musées
  • Cockpit
    • Pilotage
    • Espace aérien
    • Réglementation
    • Clubs et Fédés
  • Webcams
  • Safety first
    • Facteurs Humains
    • Sécurité des vols
  • Revue de presse
  • Humeur
Vous êtes ici : Accueil / Cockpit / Collision en vol en dernier virage

Collision en vol en dernier virage

Publié le 5 février 2025 par Rédaction


Quelques enseignments à tirer d’un rapport d’accident…

Il y a toujours matière à réflexion à la lecture d’un rapport d’accident. Partant du principe que dans au moins 80 à 90% des cas, la cause de l’accident est due à « l’opérateur humain », peu importe le lieu de l’accident, le type d’appareil… En juillet 2022, un accident survenu à proximité de l’aéroport de North Las Vegas, la plate-forme aviation générale de la ville aux casinos, faisait la une des médias aéronautiques américains.

En dernier virage pour deux pistes 30 parallèles, avec des circuits de piste opposés, un Piper Malibu Mirage et un Cessna Skyhawk étaient entrés en collision en début de finale, à moins d’une minute du point de toucher. Bilan : 4 morts. Un premier rapport préliminaire du NTSB révélait que les deux pilotes avaient eu une faible probabilité de voir l’autre appareil du fait de leurs trajectoires respectives. Le rapport final a été diffusé récemment. En voici les principaux éléments.

À bord du Piper PA–46-350P (turbinisé) se trouvait en place gauche un pilote professionnel
(82 ans, 6.643 hdv, SEP, MEP, IR, BasicMedical avec restrictions) et en place droite une pilote privée, sa femme (76 ans, SEP, MEP, NasicMedical avec restrictions, 1.536 hdv dont 280 sur type). Ils arrivaient sur leur terrain de base en VFR à l’issue d’un vol en IFR d’environ 2h00
de durée. Alors à 7.600 ft, ils ont reçu instruction de la tour de faire une verticale et d’intégrer le circuit à mi-vent arrière pour un tour de piste main gauche pour la 30L. Au même moment, un instructeur (40 ans, SEP, MEP, IR, Classe 1, 850 hdv) et son élève (47 ans, Classe 3, 57 hdv) en Cessna 172N effectuaient des tours de piste main droite pour la 30R, ayant été autorisés à l’atterrissage à l’issue d’un circuit court.

La copilote du PA-46 a collationné l’approche par la verticale et intégration en vent arrière pour la 30L, l’appareil étant alors autorisé à l’atterrissage par le contrôleur, autorisation collationnée par la copilote. Les données ADS-B ont révélé qu’après le passage verticale, l’appareil est parti en virage en descente par la gauche pour s’aligner en 30L mais que la trajectoire a emmené le monoturbopropulseur sur la finale de la 30R, d’où la collision à environ 450 m du seuil de piste. Les deux pistes sont séparées de 700 ft (distance entre les axes).

Les conditions météorologiques étaient bonnes mais une étude du champ de vision a montré qu’il aurait été très difficile aux deux pilotes de voir et éviter l’autre appareil, suite aux angles morts sans parler de l’arrière-plan noyant les appareils dans les habitations. Le pilote du
PA-46, constamment en virage par la gauche, ne pouvait facilement localiser le Cessna, son regard étant de plus certainement focalisé sur la piste. Le NTSB a évalué à seulement 15 secondes la durée où le pilote du Piper aurait pu éventuellement apercevoir le Cessna, mais ce dernier ne mesurant qu’un 1° en azimut et altitude. Durant les 8 dernières secondes avant
la collision, le pilote du Piper ne pouvait pas voir le Cessna.

Pour le Cessna, le Piper était sur son arrière gauche, légèrement plus bas que l’horizon, se détachant donc mal sur un arrière-plan complexe, surtout avec un équipage en instruction, focalisé sur la piste devant soi pour tenir les paramètres axe-plan-vitesse. Le NTSB a calculé à 39 secondes la durée où le Piper aurait pu être visible depuis le Cessna. La position du soleil n’était pas gênante pour les deux équipages.

Ces images reconstituées par le NTSB révèlent le champ visuel des deux pilotes à seulement 2 secondes avant l’impact. L’image supérieure est vue depuis la place gauche du Piper,
le Cessna étant caché par un montant de verrière. L’image inférieure est vue depuis le siège gauche du Cessna, le Piper étant difficilement détectable en bas à gauche.


Le Piper était équipé d’un Cockpit Display of Traffic Information (CSTI), équipement avertissant de la présence proche d’autres avions. Ce n’était pas le cas du Cessna. S’il avait été équipé, selon le NTSB, l’équipage du Cessna aurait reçu une alerte environ 30 secondes avant la collision. Le pilote du Piper a peut-être été averti d’une alarme – 22 secondes avant la collision selon les calculs du NTSB – mais sans la considérer comme critique car alarme souvent rencontrée en tours de piste. Le NTSB indique qu’il est peu probable que le pilote du Piper se soit trompé de piste puisqu’habitué de cet aéroport mais il était peu familier avec la trajectoire donnée par le contrôle, une relativement nouvelle procédure mise en place par le contrôle, sur une base expérimentale depuis 1 semaine et pour une durée de 2 mois.

Peu habitué à cette procédure qu’il n’avait pas pratiquée auparavant, le pilote du Piper a mal évalué sa trajectoire, en descente et en virage, débordant en fin de virage sur la finale de la 30R. Le NTSB se base pour cela sur l’excédent de vitesse durant la manoeuvre, allant de 21 à 38 Kt trop rapides par rapport aux 85 Kt d’une finale standard. D’où une trajectoire serrée, en virage continu (avec un maximum de 40° d’inclinaison), et trop rapide. À 85 Kt, une inclinaison de 20° aurait permis de s’aligner sur la 30L. À 100 Kt (+15 Kt), il aurait fallu incliner à 23°.
Avec les vitesses pratiquées, près de 37° étaient nécessaires en continu.

Le vent, faible (320° pour 4 Kt au sol) n’a pas été un paramètre agravant la trajectoire sol.
Même si les deux commandants de bord et l’élève connaissaient des problèmes cardiovasculaires, l’un pouvant aussi avoir des problèmes d’audition (mais c’était la copilote qui assurait les échanges avec le contrôle) aucun syndrome médical n’a été relié à l’accident. Même si l’équipage du Piper était âgé, aucune preuve d’un trouble cognitif n’a été relevé, le collationnement des messages ayant été correct.

Le NTSB précise que le contrôleur n’a pas fait d’information de trafic aux deux appareils durant toute leur approche, même si le Piper est passé 500 ft au-dessus du Cessna alors qu’il descendait vers la verticale de l’aéroport. Sa justification de n’être pas intervenu vient que bien que les deux avions soient sur des étapes de base face à face, il pensait que le Cessna serait posé bien avant la finale du Piper, ce dernier pouvant donc voir le 172N en finale à droite. Mais il n’a pas pris en compte la différence de performance entre les deux appareils. Après les avoir autorisés à l’atterrissage, il a communiqué avec deux autres avions sans suivre les trajectoires des Piper et Cessna en approche sur les 30L et 30R. Quand il a regardé à nouveau les finales en court, il a compris que les positions n’étaient pas bonnes mais la collision est intervenue avant de pouvoir faire un message radio.

Le NTSB pointe du doigt ce manque de jugement, en précisant que les mois précédant l’accident, une série d’incidents avait été enregistrée allant de pilotes ayant fait des erreurs d’alignement, ayant atterri ou décollé depuis la « mauvaise » piste. Des événements dits « précurseurs » à prendre en compte… Il s’est avéré que la dotation en personnel était déficiente, avec de nombreuses heures supplémentaires, jusqu’à atteindre 400 à 500 heures supplémentaires à l’année. Cette surcharge n’a pas permis de juger de la qualité du contrôle
ni de parfaire l’entraînement. Le personnel était fatigué, avec parfois des temps réduits de récupération entre deux quarts.

Que peut-on rajouter au rapport final du NTSB ?

– Le « voir et être vu » connaît ses limites et n’est pas suffisant. Même avec un équipement électronique avertissant de la présence d’autres aéronefs à proximité, il n’est pas toujours facile de les localiser visuellement ensuite.

– Les probabilités d’une collision en vol sont fortes lors d’une intégration en tour de piste et durant ce dernier, surtout s’il y a deux pistes et des circuits opposés. Un avion à aile haute et un avion à aile basse rajoutent un paramètre supplémentaire…

– Attention aux trajectoires, au départ comme à l’arrivée, quand les deux pistes parallèles sont utilisées, surtout si elles sont peu espacées. Même si la fiche VAC indique « Interdiction d’utiliser les deux pistes simultanément », des différences de performances entre deux appareils peuvent amener à des situations critiques.

– Dans le cas de circuits de piste opposés, il faut visualiser le ou les trafics sur le circuit opposé pour éviter des face-à-face en étape de base, quitte à rallonger la vent arrière pour espacement. Si l’autre circuit est pour les planeurs, l’étape de base d’un planeur est généralement plus proche du seuil de piste que pour un avion.

– Un terrain contrôlé n’empêche pas une collision en vol. Si le contrôleur est là pour assister les pilotes, si l’on tient à sa vie, il ne faut pas déléguer la sécurité… Assurer ses « arrières » peut-être un plus (check six !).

– Sur terrain non contrôlé, la radio doit permettre d’obtenir une bonne conscience de la situation, avec une bonne image mentale de la position des autres appareils. D’où la nécessité d’utiliser une phraséologie précise. « Vent arrière » n’est pas précis. « Début de vent arrière », « Milieu de vent arrière » (ou travers tour) et « Fin de vent arrière » le sont beaucoup plus.
Ne pas hésiter à lever le doute en demandant la position d’un appareil.

– Les équipements électroniques participant à l’anti-abordage sont une aide supplémentaire mais ils ne ramènent pas le risque à zéro… Voire, dans certains cas, ils peuvent rajouter une distraction supplémentaire. S’il y a trop d’alertes en tour de piste, ils ne servent plus à rien.

– La vitesse est un paramètre important dans la détermination d’une trajectoire en virage.
En formation, les leçons portant sur les « relations dans le virage » et les « effets du vent traversier sur les trajectoires sol » sont là pour le rappeler. Le pilotage de l’inclinaison en dernier virage doit servir à bien s’aligner, en déterminant à chaque instant du virage si la « projection » de la trajectoire à venir est souhaitable ou non.

– Il y a des angles morts, inévitables sur tout appareil, et il ne faut donc pas hésiter à faire des évolutions en roulis pour les modifier temporairement et observer des secteurs qui seraient autrement cachés à la vue.   ♦♦♦

Illustrations © NTSB

Pour aller plus loin, à lire sur le sujet sur aeroVFR :
– Angles morts, tache aveugle et collision, avec notamment la photo d’un Swearingen Merlin découpé en tranches par un SR22 « overshootant » l’axe de sa piste parallèle… de nuit.
– Les limites du « voir et être vu », avec notamment la réaction optimale en cas de face-à-face à éviter d’urgence…

Lien vers le rapport final du NTSB
MalibuVsSkyhawk

Partager :

  • Partager
  • Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
  • Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X

J’aime ça :

J’aime Chargement…
  • Facebook
  • RSS

Newsletter aeroVFR

Manifestations

Marie Marvingt sur France Inter

Une étonnante pionnière de l’aviation sortie de l’oubli… Chaque jour de la semaine, sur France Inter, Fabrice Drouelle anime l’émission « Affaires sensibles », évoquant un événement particulier ou un personnage. Pour ce jeudi 22 octobre 2026, un coup de projecteur sera mis sur Marie Marvingt, pionnière de l’aviation peu connue et pourtant…

Conférence sur l’archéologie aérienne

Avions légers et ULM, machines à remonter le temps ! Le Groupe Île-de-France de l’Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF), en partenariat avec le groupe Centre de la 3AF et le Groupement des Ingénieurs et Cadres Supérieurs de l’Aviation Civile (GIACRE), propose une conférence intitulée « Archéologie aérienne. Avions légers et ULM, machines à remonter […]

Agenda aeroVFR de fin de saison 2026

Quelques dates de fin de saison… Novembre 2026 1er novembre : Démonstrations en vol (10h30/14h00) du Museo de Aviones Históricos en Vuelo de la Fundación Infante de Orleans, aérodrome Cuatro Vientos, Madrid. https://fio.es 14 novembre : 20e séminaire Sécurité des vols Avion et ULM à l’Enac, campus de Toulouse-Rangueil. AUATBL et AC Airbus Toulouse.

Exposition : la photo aérienne et spatiale

La photo aérienne au fil des âges… En lien avec le colloque sur le même type programmé du 18 au 20 novembre 2026, une exposition intitulée « La photographie aérienne et spatiale : entre héritage et usages contemporains » aura lieu au musée de l’Air et de l’Espace (MAE, Le Bourget) du 15 novembre 2026 au 14 […]

La photographie aérienne et spatiale

Un colloque entre héritage et usages contemporains La photographie a 200 ans en 2026 – sur la base des travaux de Nicéphore Niépce, ingénieur français, connu comme étant « l’inventeur de la photographie », appelée alors « procédé héliographique ». D’où le Bicentenaire de la Photographie organisé par le ministère de la Culture du 1er septembre 2026 au 30 […]

Les aviateurs de la France libre

Exposition du 15 octobre 2026 au 14 février 2027. En 1940, ils ont fait le choix de continuer le combat. Pilotes, navigateurs, mécaniciens et volontaires féminines de l’Air, les aviateurs des Forces aériennes françaises libres (FAFL) ont combattu sur tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande-Bretagne avec la Royal Air Force […]

Bulles de l’Air et de l’Espace

14e édition de ce festival à Evreux le 25 octobre 2026. Ce festival de la BD prend place sur la base aérienne 105 d’Evreux avec rencontre et dédicaces avec les auteurs de bandes dessinées, visite du musée de la BA105, visite d’avions récents et anciens (C130J Hercules, Casa CN-235, Breguet Deux-Ponts, Transall C-160). À 14h30, […]

Plus d'article de cette catégorie

Derniers articles parus

  • Carburant, gestionnaire et DSP 31 octobre 2026
  • Constructeurs français 1919-1945 31 octobre 2026
  • ZRT sur les Alpes 31 octobre 2026
  • Chutes de puissance en montée initiale 30 octobre 2026
  • ZRT sur les Pyrénées 30 octobre 2026
  • Bilan de sécurité 2025 pour l’EASA 29 octobre 2026
  • ZRT en régions Centre et Sud-Est 29 octobre 2026
  • Mortagne-au-Perche devient restreint 24 octobre 2026
  • Retour à l’heure d’hiver 24 octobre 2026
  • Taxes chez Edeis and Co 23 octobre 2026
  • Une visite médicale mieux proportionnée ? 22 octobre 2026
  • Coup de projecteur sur Lasbordes 22 octobre 2026
  • Les AZBA via les Notam 22 octobre 2026
  • Fin de production pour Aquila Aviation 22 octobre 2026
  • Aura Aero, du civil au militaire 22 octobre 2026
  • A400M et turbulence de sillage… 21 octobre 2026
  • Marie Marvingt sur France Inter 21 octobre 2026
  • Espaces aériens secteur du Luc 20 octobre 2026
  • Dans le sillage d’un hélicoptère… 19 octobre 2026
  • Des drones secteur Puimoisson 18 octobre 2026
  • ZRT à Condom 17 octobre 2026
  • Conférence sur l’archéologie aérienne 16 octobre 2026
  • BEA : le second régime de vol… 15 octobre 2026
  • Deux ZRT dans l’est… 15 octobre 2026
  • ZRT à Dinard 15 octobre 2026

Site d'information aéronautique, aeroVFR.com offre un panorama de l'actualité du pilote VFR.


Découvrez chaque jour l'info aéronautique concernant Industrie (constructeurs, motoristes, héliciers, équipementiers)

Manifestations (meetings, compétitions, expositions, conférences) | Culture (livres, cinéma, aviation de collection, musées)

Pratique (pilotage, espace aérien, réglementation) | Safety First (facteurs humains, sécurité des vols)

Tous droits réservés ® | Mentions légales

%d