
Ou comment survivre au-delà des 178 secondes à vivre…
Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus et croient pouvoir un jour, si le besoin s’impose subitement, passer en IMC et savoir gérer avec précision, sans stress, la trajectoire, une étude canadienne ancienne a montré qu’en moyenne, un pilote VFR perdra le contrôle de sa machine en moins de 3 minutes d’où les 178 fameuses secondes fatidiques. Il faut en effet avoir « tâté » en tant que pilote VFR le vol dans les nuages, sur avion classé IFR avec un instructeur IFR, pour se rendre compte des difficultés quand les références visuelles sont perdues, entraînant de fausses sensations (croire que l’on est virage alors que l’on est bien en ligne droite…).
En passant sur l’horizon artificiel, avec des données lues sur l’instrument qui ne correspondent pas au schéma mental issu des sensations ressenties, l’oreille interne pouvant être aisément trompée par des accélérations mal interprétées par le cerveau (illusions sensorielles), un phénomène de vertige peut voir le jour, pouvant mener à des nausées comme un mal de… mer. D’où la nécessité, si la situation est rencontrée un jour, de savoir comment « sortir de l’entonnoir ». Croire que l’on ne se mettra jamais dans une telle situation avec un passage involontaire en IMC reste aussi une vue de l’esprit.
Exemple : en plein été, lors d’un transit côtier, par des conditions de « ciel blanc » (brume de chaleur), la pénétration soudaine dans une entrée maritime difficile voire impossible à détecter en amont n’a pas une probabilité nulle… La solution instinctive de descendre pour retrouver le sol (ou la mer) et des références visuelles demeure la pire des solutions car ciel et terre/mer se rejoignent sans limite bien définie. La solution réside dans une montée rectiligne en IMC, à l’horizon artificiel, en contrôlant bien les paramètres (ailes horizontales, cap constant, vario positif) pour sortir rapidement de la couche par le haut et pouvoir se dérouter à l’intérieur des terres…
Dans d’autres situations, avec une couche nuageuse épaisse, le demi-tour en IMC est la solution la plus efficace, en notant le cap de sortie du 180° depuis le cap actuel, avant d’entamer un virage à faible inclinaison. Un virage au taux 1, dit standard, répond à la question avec un 360° en 2 mn soit 180° en 1 mn qui pourra être longue… Pour déterminer l’inclinaison à prendre, la solution pratique consiste à prendre 15% de la vitesse propre en noeuds. Exemple : 15° pour 100 Kt,
Mais auparavant, encore faut-il être conscient des différentes problématiques liées au passage de conditions VMC à des conditions IMC, prenant par surprise le pilote non habitué à cette situation anormale et donc victime de sidération figeant quelques instants la réflexion (conscience de la situation) et donc la prise de décision (procédure). D’où l’intérêt de la récente vidéo réalisée par Alain Jamet (DSAC/MEAL) pour le compte du CNFAS, permettant de comprendre la mise en place progressive de la désorientation spatiale et de la méthode à mettre en place pour conserver le contrôle de sa machine…
Gare aux mauvais réflexes ! ♦♦♦
Lien vers l’étude canadienne :
– Un vol fatal par mauvais temps : il vous reste 178 secondes à vivre