
Sensibilisation aux zones de largages parachutistes…
À consulter les Rex sur le site de la Fédération française de parachutisme (FFP), si l’on note
un certain nombre d’incidents à l’ouverture des voiles, on note également un certain nombre d’événements liés à des aéronefs traversant la zone de saut sans prévenir, sans être sur la fréquence.

Quelques exemples relevés pour l’année 2026 et 2025, les lieux et immatriculations ayant été anonymisés pour cet article :
– Après le largage des parachutistes, lors de la descente de l’avion largueur, un PC-6, le responsable sol prévient sur la fréquence terrain qu’un planeur passe dans le volume de largage et croise des parachutistes sous voile à une hauteur d’environ 800 m, à faible distance. Le planeur n’était pas en contact radio sur la fréquence du terrain. Le planeur a été identifié grâce au tracé « Flight radar » et le centre de vol à voile concerné a été prévenu. Un Eccairs2
a été rédigé.
– La zone de parachutage a été activée auprès de la tour de contrôle. la séance de parachutisme a débuté vers 9h00. À 11h30, lors de l’ouverture des voiles, quatre Rafale passent entre les voiles ouvertes ou en phase d’ouverture. la collision est évitée de justesse avec
deux parachutistes. L’un d’eux passe dans le vortex d’un chasseur et sa voile subit de fortes turbulences. La tour de contrôle a été informée. Par la suite, un pilote de Rafale a contacté le club pour donner les circonstances du passage. Le commandant de la base a téléphoné pour expliquer la manoeuvre et confirmer la prise en compte de l’événement côté AAE. Le BEA contacte également pour informer que le BEA E (militaire) va se rendre sur place pour audition, ce qui sera fait. Une procédure Airprox est déposée.
– Lors de la 7e rotation de la matinée après le largage de parachutiste pendant la phase de descente, la tour du terrain prévient qu’un avion passe a la verticale du terrain coupant l’axe de largage au FL95. L’AFIS a essayé de contacter l’aéronef sans réponse. Suite à l’incident un autre pilote du terrain a envoyé une capture d’écran de flight radar d’un SR22. Malgré toutes les informations aéronautiques, le pilote n’a pas suffisamment préparé son vol et était en contact avec aucun service aéronautique.
– 10h10 locales, fin de largage, le PC-6 se pose pour embarquer les parachutistes suivants.
Un avion immatriculé, hauteur estimée 2.500 ft, passe au milieu des voiles d’élèves toujours en l’air. Après avoir questionné le contrôle, cet aéronef était averti de l’activité parachutiste.
– La drop-zone est souvent traversée par des aéronefs pendant les activités de largage.
Début août, un avion immatriculé en G- passe au-dessus des voiles ouvertes, pas de contact radio. Mi-septembre, intrusion de la DZ par un avion en F-. Fin septembre, idem avec un bimoteur immatriculé en N- et quelques jours plus tard, un avion Pipistrel, sans radio, évite les parachutistes et le pilote éteint son transpondeur. Début octobre, un avion en F- passe verticale de la DZ vers 1.500 m à une minute du largage à 4.000 m. Le Service d’information
de vol n’est pas rendu dans certains créneaux et à certaines altitudes dans cette zone.
– Au décollage d’un ULM FK9, il est constaté un conflit de l’aéronef en montée initiale avec
un parachutiste sous voile, exécutant son circuit d’atterrissage. Après les différents messages
de l’avion largueur en auto-info : « 3 minutes » et « 1 mn avant largage », « top largage » et « fin de largage merci d’éviter la verticale de l’aéroport », un FK9 a pénétré le taxiway puis remonté la piste pour décoller.. Une fois aligné et malgré, à nouveau, le message radio du starter para annonçant « 6 voiles ouvertes en évolution verticale l’aéroport », l’ULM a maintenu son décollage avec une montée initiale très importante, croisant une voile vers 500 ft au niveau du milieu de piste. Une fois le FK9 posé, nous avons échangé avec le pilote/instructeur de l’aéronef. Celui-ci a dit avoir le visuel sur les voiles, ne pas avoir voulu effectuer de manoeuvre d’évitement et avoir maintenu une montée initiale avec une assiette importante comme le permet cet ULM. Il en résulte une intolérable non-conformité de la part du FK9 des Règles de l’Air. En effet, le parachutiste sous voile est prioritaire car il effectuait son circuit d’atterrissage et qu’il est le moins manoeuvrant.
– Je décolle pour deux largages : un au FL055, suivi d’un second au FL140. L’axe de largage
est orienté nord/sud. À l’approche des 3.500 ft, je m’annonce à 2 minutes du largage au FL055 sur la fréquence de Lyon APP. J’obtiens l’approbation du contrôle, puis je m’annonce également à 2 minutes sur la fréquence du terrain. Le starter para me répond : « C’est clair pour le sol ». Je procède donc au largage de mes deux parachutistes. Dans les secondes qui suivent, j’entends le starter para annoncer fermement sur la fréquence du terrain :
« L’avion en provenance de l’ouest, merci d’éviter la verticale, largage en cours ». Malgré les avertissements répétés du starter para ainsi que les miens, le pilote de l’avion venant de l’ouest ne répond pas. Il coupe l’axe de largage et passe à environ 150 m en dessous de l’un de mes parachutistes, alors sous voile à 600 m d’altitude. À la suite de cet événement, j’ai contacté le contrôle de Lyon pour avoir leur retour sur la situation de leur côté. Ils m’ont expliqué que cet aéronef était en liaison radio avec Lyon Info. Ce service l’avait prévenu de la zone de largage et l’avait libéré suffisamment en amont pour lui permettre de contacter la tour jouxtant celle du terrain à activité para. La tour a, à son tour, averti le pilote qu’un largage était en cours et qu’il devait dévier sa trajectoire afin d’éviter la zone. Le pilote aurait alors répondu : « Je suis en espace aérien non contrôlé, je fais ce que je veux ».
À lire ces Rex, des intrusions d’aéronefs sans contact radio dans les zones de largage, pendant les activités de largage, sont assez fréquentes et génèrent des risques majeurs de collision.
On trouve sur le site de la FFP une carte des principaux centres de parachutisme, reprise
ci-dessous – l’activité est mentionnée en sommet de la fiche VAC. Ce ne sont pas les seuls aérodromes à être concernés car des stages, des compétitions, des journées spéciales peuvent se dérouler ici ou là, avec Notam d’avertissement, voire des SUP-AIP notamment dans le cas de parachutages militaires. ♦♦♦
Photos © CC/R. Schneider et Cez83
Pour aller plus loin :
– Les volumes de parachutage à prendre en compte
– La menace de la verticale
– S’annoncer… avant la verticale d’un terrain
– Le treuil pour les pilotes motorisés
