• Accueil
  • Mes livres
    • Rafale Marine
    • Du Vampire au Mirage 4000
    • La Saga Robin (2e édition)
    • Le Mook d’aeroVFR…
    • Autres livres
    • Dernières parutions
  • A propos d’aeroVFR
    • Auteurs
  • Contact
  • Météo du week-end
  • Webcams sur aérodrome
  • Escales sur aerodrome

aeroVFR

Informations de vol VFR

  • Actualités
  • Industrie
    • Constructeurs
    • Motoristes/héliciers
    • Equipementiers
  • Manifestations
    • Meetings
    • Expositions/Salons
    • Conférences
    • Compétitions/Rallyes
  • Histoire
    • Livres / revues
    • Histoire de l’aviation
    • Aviation de collection
    • Cinéma / TV / Photo
    • Musées
  • Cockpit
    • Pilotage
    • Espace aérien
    • Réglementation
    • Clubs et Fédés
  • Webcams
  • Safety first
    • Facteurs Humains
    • Sécurité des vols
  • Revue de presse
  • Humeur
Vous êtes ici : Accueil / Histoire / Il y a 80 ans, les « touristes de l’air » (1)

Il y a 80 ans, les « touristes de l’air » (1)

Publié le 17 octobre 2019 par Jean-Philippe Chivot


Des aventures aériennes, en VFR et sans radio, à nous faire dresser les cheveux sur la tête… Des voyages sortis de la bibliothèque de Jean-Philippe Chivot.

Dans ces années d’avant guerre, le grand tourisme aérien était le fait de jeunes gens ayant un goût prononcé pour l’aventure d’exception et possédant d’importants moyens financiers. Pouvoir quitter plus d’un mois son travail, sa famille et s’acheter ou louer un avion n’était pas donné à tout le monde, d’autant qu’un avion de grand tourisme coûtait autant qu’une superbe maison bourgeoise de la banlieue parisienne… Il fallait aussi qu’un bon avion apparaisse.  


En 1936, l’avion de grand tourisme s’appelait le Percival Vega Gull. Ce monoplan quadriplace, tout en bois et toile, volant à 240 km/h en croisière et offrant au moins 1.200 km d’autonomie, était équipé d’un moteur De Haviland Gipsy Queen de 200 ch, un 6-cylindres en ligne inversés. 80 ans plus tard, notre choix est plus vaste car il existe maintenant des avions d’occasion. En avion neuf, l’avion de grand tourisme pourrait s’appeler le Cirrus SR-22


Il faut malheureusement bien constater qu’en automobile les progrès ont été plus significatifs. En effet, la Hotchkiss de 1936, berline de grand tourisme, plafonnait à 115 km/h tandis que sa soeur actuelle, la BMW série 5, bordure sur piste les 245 km/h.

Les voyages des touristes de l’air en 1937

Comme aujourd’hui, la quasi majorité des pilotes ne dépassait pas les 200 km autour de leur aérodrome d’attache. En revanche, certains riches et oisifs aventuriers faisaient des voyages qu’il serait difficile de rééditer maintenant. Le baron Jean Edmond Morel de Foucaucourt en est un flamboyant exemple…

Agé d’une quarantaine d’années en 1937, il réalisa tous les ans, de 1926 à 1936, des voyages aériens à travers le Sahara. En 1937, il s’acheta le fin du fin en matière d’avion de tourisme, le Percival Vega Gull F-AQIR. Il entreprit, avec sa femme comme navigatrice, un immense périple qui l’amena de sa piste privée située derrière son château de Monsures, près d’Amiens (« fiche VAC » de l’époque ci-dessous), à Oslo puis Helsinski, Cracovie, Belgrade, Athènes, Marseille, Alger, Zanzibar, Madagascar, Le Cap avant l’Angola, Brazzaville, Yaoundé et Foumban où il cassa son avion lors d’un décollage scabreux d’un terrain rempli de termitières.


Il raconta ses voyages dans un livre paru en 1938 dont certains passages font dresser nos cheveux de pilotes d’aujourd’hui.


Il nous faudra quatre épisodes pour venir à bout de cette « saison 1 » – le tour d’Europe effectué à l’été-automne 1937 – menant le baron Jean Edmond Morel de Foucaucourt à travers l’Europe puis l’Afrique (Saison 2), selon la chronologie suivante :
– Episode 1 : Monsures-Oslo
– Episode 2 : Oslo-Stockholm-Helsinski-Tallin-Cracovie
– Episode 3 : Cracovie-Athènes
– Episode 4 : Athenes-Marseille

Episode 1 : Monsures-Oslo

Replaçons-nous dans le contexte… 1937 est l’année qui voit tout à la fois une certaine reprise économique après le Front populaire et la concrétisation de la toute puissance de l’Allemagne hiltérienne avec laquelle, vingt ans après le carnage de la Grande guerre, personne n’avait vraiment envie de se frotter militairement.

Notre baron Jean Edmond, jeune inspecteur des finances nanti d’une belle fortune terrienne (photo ci-dessous du château de Monsures, à 500 m de son aérodrome privé…) et pouvant se mettre en disponibilité, président de l’aéro-club du Beauvaisis et organisateur de fêtes aériennes dans le parc de son château, décide que le temps est venu d’emmener sa jeune et charmante femme, Louise Marie Léontine, faire une grande balade aérienne, assise dans les fauteuils de cuir gris de sa machine volante, balade qu’il va d’empresser de narrer dans un ouvrage devenu rare en bibliothèque.


Il expose tout d’abord les grandes constantes du voyage aérien, lesquelles sont toujours brulantes d’actualité, je cite : « L’ennemi le plus tenace de l’aviateur n’est pas la nature hostile, c’est l’homme lui-même, destructeur de sa propre création. Ayant enfanté la vitesse par son talent, il l’a freinée aussitôt par son génie administratif : une randonnée aérienne de six semaines exige six mois de démarches, une journée de vol est précédée ou suivie d’une heure de formalités »…

« …la liasse de parchemins se trouva complète et le pilote devint tout à fait libre… à condition de suivre des itinéraires bien précis, d’éviter les zones interdites, de se poser sur certains aérodromes, de souscrire d’innombrables déclarations »… Enfin, pour nos aventuriers de l’air, le grand jour arrive. Fin juillet 1937, départ pour Oslo. Après dédouanement à Valenciennes, le pilote se pose à Hambourg. Décollage par un temps médiocre, « la pluie se mêle au brouillard et le soleil suspendu face à l’avion détruit la visibilité ».

La baronne en charge de la navigation se perd et finit par reconnaître les îles danoises. Après une nuit à Copenhague, l’avion se dirige vers Oslo via Goteborg. Il fait beau et nos touristes finissent par se poser sur le terrain de Stavanger, où l’on vient de terminer le grand hangar et la piste en ciment.

Sur la route de retour à Oslo, quelques flocons gris deviennent progressivement des nuées éparses puis un tapis soudé sans aucun trou. Ils poursuivent au-dessus de la couche, au cap et à la montre, jusqu’à Oslo ou ils espèrent que le commandant d’aérodrome entendra l’avion et tirera des fusées si la visibilité s’améliore. Hélas rien… et l’avion s’en va à 2000 m d’altitude vers la pleine mer. « L’avion plonge dans les nuages épais. Le variomètre enregistre pendant plusieurs minutes une vitesse verticale de cinq mètres par seconde puis le fluide opaque qui enveloppe l’avion s’éclaircit brusquement et l’on sort du brouillard. A cet instant, les cimes menaçantes des sapins rigides apparaissent à droite, à gauche, en avant. Déjà notre Vega remontait à plein moteur pour émerger de la nuée après de longues minutes de vol aveugle ».

Volant de nouveau au-dessus de la couche, ils tentent une nouvelle percée mais cette fois, la baronne remarque à temps la forêt à travers le dernier nuage. Le baron trouve ensuite un trou, plonge dedans et « au fond aperçoit des forêts, des rochers, une route, quelques maisons. On pourrait à la rigueur tenter un atterrissage sur l’étroit champ adossé à un bois de bouleaux mais la volonté d’atteindre le but domine l’inquiétude et l’on remonte en spirale dans l’étroit orifice ».


Après avoir découvert que le fjord au nom estimé de Larvik (ci-dessus) est maintenant bien dégagé, ils repartent vers Oslo toujours au-dessus de la couche. Mais le niveau d’essence est bien bas, il faut bientôt atterrir. Le premier « puits » dans les nuages qu’ils avaient rencontré n’est pas loin. Ils replongent dedans et se glissent entre une grande pente sombre et les rochers clairs. Ils retrouvent le champ remarqué précédemment et tentent une approche moteur réduit sur ce terrain en forte pente montante. Ils évitent une ligne téléphonique et se posent plein gaz puis s’arrêtent sur une terrasse éroite. Assis dans l’herbe humide le baron réfléchit au décollage : il faut passer sous la ligne téléphonique qui sort de la brume puis voler au-dessus de la ligne à haute tension perchée sur la crète…

Enfin arrive le paysan propriétaire du champ… Un coup de fil à Oslo où le terrain s’est dégagé et les voila repartis dans un décollage acrobatique… Ils atteignent enfin Oslo-Kjeller où le commandant de la base militaire les reçoit chaleureusement comme diplomates français car le père de John Kennedy, ambassadeur à Londres, avait l’habitude de venir souvent dans le Beech Staggerwing de l’ambassade. Ci-dessous, un alignement de Tiger Moth sur le parking d’Oslo-Kjeller.   ♦♦♦ Jean-Philippe Chivot

Photos et illustrations via l’auteur


Prochain épisode : Oslo-Stockholm-Helsinski-Tallin-Cracovie…

Partager :

  • Partager
  • E-mail
  • Imprimer
  • Facebook
  • Twitter

J’aime ça :

J’aime chargement…
  • Facebook
  • RSS

Newsletter aeroVFR

Manifestations

Aero 2026 à Friedrichshafen

Le salon européen de l’aviation générale édition 2026. La 32e édition du salon Aero, à Friedrichshafen, Allemagne, aura lieu du 22 au 25 avril 2026. La première édition, il y a plus de 45 ans, consistait en une exposition statique de planeurs et motoplaneurs au sein d’un salon régional consacré au milieu automobile. Après avoir […]

Saint-Cloud dans les nuages

Exposition jusqu’au 5 juillet 2026 sur 250 ans d’histoire aéronautique. Le musée des Avelines (Saint-Cloud) retrace « l’aventure aéronautique) de la ville. Les débuts remontent au 18e siècle avec un site utilisé par l’aérostation, avec notamment le 15 juillet 1784 l’envol depuis le parc de Saint-Cloud d’un ballon gonflé à l’hydrogène. Les plus légers que l’air […]

L’agenda aeroVFR pour mars 2026

L’agenda pour le mois de mars 2026. 1er mars : Démonstrations en vol (10h30/14h00) du Museo de Aviones Históricos en Vuelo de la Fundación Infante de Orleans, aérodrome Cuatro Vientos, Madrid. https://fio.es 11 mars : Visio-conférence sur « Les 1.001 métiers de l’aéronautique et du spatial » par G. Laurelle, comité Jeunes de l’A3F. https://www.3af.fr 16-20 mars […]

Les 1.001 métiers de l’aéronautique et du spatial

A destination des jeunes, visio-conférence gratuite sur les métiers. Le Comité Jeunes de de l’Association aéronautique et astronautique de France (3AF) et le groupe 3AF Ile-de-France proposent une visio-conférence sur les 1.001 métiers de l’aéronautique et du spatial. Gérard Laruelle, ancien directeur du pôle ASTech Paris Région et de EADS Space School, ancien vice-président Recherche […]

Fusées et satellites à la française

Trois conférence sur cette thématique… Ce 30 janvier 2026, l’Institut Français d’Histoire de l’Espace (IFHE), les commissions Astronautique et Histoire, Arts et lettres de l’Aéro-Club de France, l’Association Histoires d’Espace, proposent trois conférences à l’occasion des 60 ans des premiers satellites français.

Agenda aeroVFR 1er trimestre 2026

A vos agendas… Premières dates à noter en 2026 avec des manifestations programmées durant le premier trimestre. Cet agenda sera réactualisé et/ou complété au fil des jours.

Ultimate Air Challenge à l’été 2026

Une course aérienne d’endurance en ULM à travers l’Europe. Une équipe basée à Chambley annonce le lancement l’an prochain de l’Ultimate Air Challenge (UAC), une « compétition de vol en ULM traversant le continent, fondée sur la navigation, l’endurance et la stratégie » – dans l’esprit de la Grande Course ou du Londres-Paris en ULM au début […]

Plus d'article de cette catégorie

Derniers articles parus

  • Missile sur l’Atlantique… 26 février 2026
  • Drones sur la Bretagne 23 février 2026
  • Étoile rouge contre croix noire 20 février 2026
  • Ventes 2025 pour les constructeurs… 18 février 2026
  • Bilan 2025 pour la GAMA 18 février 2026
  • Aero 2026 à Friedrichshafen 18 février 2026
  • Des manettes de gaz sur DR-400 17 février 2026
  • Bug d’affichage sur SofiaVAC en vol 17 février 2026
  • Des CartaBossy au 1/500.000e 16 février 2026
  • Des drones à basse hauteur 14 février 2026
  • Saint-Cloud dans les nuages 12 février 2026
  • Moving-map et navigation en VFR… 11 février 2026
  • L’agenda aeroVFR pour mars 2026 11 février 2026
  • Un canon à poulet pour des hélices 6 février 2026
  • Séminaire Manifestations aériennes 5 février 2026
  • Les 1.001 métiers de l’aéronautique et du spatial 3 février 2026
  • Catalogue RSA 2026-2027 2 février 2026
  • Vols de découverte en ULM 1 février 2026
  • L’imbroglio de Salon-Eyguières 29 janvier 2026
  • Une ZIT à Orange 29 janvier 2026
  • Dysfonctionnements techniques 28 janvier 2026
  • Contrôle aérien, rien ne va plus… 27 janvier 2026
  • Stall strips, décrochage et sortie de vrille 26 janvier 2026
  • Avions en 2025 : les thématiques du BEA 23 janvier 2026
  • Planeurs en 2025 : les thématiques du BEA 22 janvier 2026

Site d'information aéronautique, aeroVFR.com offre un panorama de l'actualité du pilote VFR.


Découvrez chaque jour l'info aéronautique concernant Industrie (constructeurs, motoristes, héliciers, équipementiers)

Manifestations (meetings, compétitions, expositions, conférences) | Culture (livres, cinéma, aviation de collection, musées)

Pratique (pilotage, espace aérien, réglementation) | Safety First (facteurs humains, sécurité des vols)

Tous droits réservés ® | Mentions légales

%d