
…et aussi pour les Great Lakes et Junkers.
La presse américaine annonce le dépôt de bilan de la société Waco Aircraft, quelques semaines après sa présence au Sun’n Fun. Ce constructeur est peu connu en Europe avec ces dernières années une production annuelle allant de 3 à 6 machines… C’est un constructeur historique qui disparaît donc, dont voici l’histoire.
C’est en 1920 que la Weaver Aircraft COmpany (Waco) a été créée dans l’Ohio, assemblant des Curtiss JN-4 Jenny de la Première Guerre mondiale à partir d’éléments issus de surplus pour en faire des Waco 4 et 5. En 1923, tout en gardant la marque Waco, la société est reprise par Advance Aircraft Company. Les Waco 6, 7, 8 (un 6-places) et 9 suivent. Le modèle 9 est vendu à 276 unités pour des vols à sensation (barnstormers), de l’épandage agricole ou des courses aériennes.

En 1927, le Waco 10 est le dernier-né et la société accapare alors environ 40% du marché des avions légers aux Etats-Unis. Avec le Waco Taperwing en 1928, le succès est confirmé et la société devient en 1929 la Waco Aircraft Corporation. Il faut attendre 1931 pour voir un quadriplace à cabine – le QDC motorisé par un Continental A7 de 165 ch – être conçu au sein de la société. 1934, c’est le début de la production du YMF-5, l’avion-phare du constructeur avec par la suite des évolutions successives.

En 1940, pour répondre à une demande militaire, c’est le YPT-14 (renommé par la suite UPF-7) qui est prévu pour un marché de 100 appareils à réaliser en 99 jours mais le contrat n’est finalement pas remporté. Waco rentre aussi dans l’histoire en fournissant 1.607 planeurs CG-4A de transport de troupes en plus des 13.402 construits par des sous-traitants jusqu’en 1946. Ces Waco seront entre autres largués au-dessus de la Normandie en juin 1944.

En 1983, avec 300 modifications apportées au YMF, la société Classic Aircraft Corporation relance la marque Waco. Le YMF Classic est certifié par la FAA en 1986. Le YMF-5C Sper suit en 1991. Après quelques déménagements, tandis que le YMF-5D prend la suite dans la gamme, celle-ci comprend aussi le Great Lakes 2T-1A-2 à partir de 2013. Great Lakes a été créée en 1929 avant d’arrêter sa production en 1936 après 264 avions réalisés. Sa renaissance intervient en 1973 avec le modèle 2T-1A, un biplan de voltige. Sous la direction de Waco, un nouveau prototype voit le jour en 2011.

2015, la marque Junkers Flugzeugwerke est relancée indépendamment par Dieter Morszeck, ce dernier voulant faire revivre des appareils historiques avec des standards modernes. En 2016, c’est le « nouveau » Junkers F13 qui est dévoilé, sa production débutant en 2018. Dieter, fils de Richard Morszeck, a dirigé la société allemande de bagages de luxe, Rimowa – valises connues pour leur revêtement en aluminium rainuré « à la Junkers ». La marque, créée à la fin du 19e siècle, a rejoint le groupe LVMH en 2016.

Dieter Morszeck rachète la Waco Aircraft en 2018 en créant le groupe Dimor (Dubendorf, Suisse), pour regrouper tous ces appareils : Waco, Great Lakes et Junkers. Un an plus tard, le prototype de l’ULM Junkers A50 est achevé. En 2021, Waco accroît sa surface sur le terrain de Battle Creek, dans le Michigan, avec de nouveaux bureaux et un atelier. Mais fin avril 2026, c’est le dépôt de bilan, l’arrêt de la production et des services de maintenance, suivi du licenciement des 60 employés.

Pendant plusieurs décennies, Waco aura ainsi diffusé quelques appareils dans un « marché de niche », y compris aux Etats-Unis, pays de l’aviation générale. Le YMF-5, ce n’est pas une réplique mais un avion moderne ayant le « look » d’un biplan des années 1930, avec son architecture biplan, ses cockpits ouverts, son train classique mais une construction et une avionique moderne. L’aile est en bois, entoilée. Pour le fuselage, le revêtement est métallique de la cloison pare-feu au dossier du pilote et entoilé jusqu’aux empennages.

L’appareil est bi ou triplace, deux passagers pouvant trouver place dans le poste avant, accessible via une porte. Le pilote est à l’arrière. Avec 4 ailerons et un moteur de 300 chevaux, le YMF-5 est apte à la voltige élémentaire, n’étant pas alimenté dos. C’est le résultat d’un mélange de tradition et de modernité. En version de base, l’appareil était proposé à 590.000 dollars. ♦♦♦
Photos © Waco Aircraft