
Rassemblement de l’AFH au coeur du Limousin sur un site idéal.
Chaque année, l’Association française d’hydraviation (AFH) choisit un site différent pour tenir son assemblée générale, avec un plan d’eau à proximité pour y venir s’y poser sur coque ou sur flotteurs. Et pour sortir des deux hydrobases à usage restreint ayant statut d’aérodrome en France (Berre et Biscarrosse) mais aussi des hydrosurfaces permanentes ou semi-permanentes (une vingtaine…), c’est l’occasion d’ouvrir une hydrosurface occasionnelle. L’ensemble des plans d’eau répertoriés par l’AFH se trouve via ce lien.
Pour l’édition 2026, c’est ainsi que le lac de Vassivière a été retenu. Pour ouvrir un plan d’eau à la pratique de l’hydraviation, le chemin est long. Il faut tout d’abord obtenir l’accord du propriétaire du lac puis du maire de la commune. Une fois ce premier obstacle franchi, la démarche suivante passe par le préfet qui va donner ou non son accord suite retours de nombreux acteurs institutionnels : gendarmerie, douanes, EDF, ministère de la Défense, Natura 2000 et quelques autres.
Le lac de Vassivière est un lac artificiel situé à l’est de Limoges. Il a été créé au début des années 1950 par la construction d’un barrage hydroélectrique bénéficiant des eaux de la Maulde. Il est partagé entre les départements de la Creuse et de la Haute-Vienne et se trouve à cheval sur quatre communes (Beaumont-du-Lac et Peyrat-le-Château en Haute-Viene, Royère-de-Vassivière et Faux-la-Montagne en Creuse).
Depuis les années 1960/1970, les bords du lac ont été aménagés en site touristique, avec le soutien du conseil régional de la Creuse. On y trouve ainsi des plages, ports, villages de vacances, campings, restaurants, hôtels à quelques encablures du rivage. Surtout pendant les vacances estivales, 14e étendue en superficie en France pour les lacs et étangs artificiels, Vassivière devient la base nautique du Limousin et le premier pôle de loisirs de la région. Comptant 1.000 hectares, dans un environnement forestier dense, il a l’avantage d’être parsemé d’îles ou presqu’îles le découpant en plusieurs secteurs indépendants – d’où les 45 km de rivage, les 5 plages et une route faisant tout le tour du plan d’eau – le tout lui donnant l’aspect proche d’un lac canadien…

Le descriptif ci-dessus en fait ainsi un fabuleux site pour la pratique de l’hydraviation. Certains en rêvaient depuis des années… Jusqu’à présent, seuls les Canadair y avaient droit avec deux zones de 1.500 m de longueur leur étant réservées pour l’écopage en cas de nécessité.

Ainsi, le rassemblement et l’assemblée générale 2026 de l’AFH se sont tenus les 8-10 mai à Vassivière, avec une ouverture du plan d’eau temporaire de cinq jours. Les bonnes conditions météorologiques ont permis la venue de 8 hydravions sur un total de 10 autorisés.
Trois étaient des Piper (deux PA-18/160 d’Aquitaine Hydravions, un PA-18/180H privé), cinq étaient des ULM (Savannah, Flywhale, Transat, Seamax) dont deux provenaient de Suisse
et un d’Espagne… Malgré une activité relativement faible à l’échelle nationale, la situation réglementaire française en matière d’hydraviation est appréciée des pratiquants étrangers dont certains s’étonnent que l’on puisse voler pendant l’heure du déjeuner…
Huit hydravions à Vassivière, c’est un beau résultat à mettre en vis-à-vis d’une flotte d’hydravions certifiés en France ne dépassant pas la dizaine pour un peu plus d’une cinquantaine d’hydro-ULM. La pratique de l’hydro-ULM s’avère plus simple à mettre en place car une plate-forme ULM occasionnelle ne nécessite que l’accord du propriétaire et une déclaration auprès de la mairie locale. Pouvant être réservé à une personne nominative,
un tel site restera non publié. Des plates-formes ULM peuvent aussi être ouvertes à titre permanent mais après arrêté préfectoral.
Ainsi, pendant quelques jours, avions et ULM ont pu découvrir les eaux du lac de Vasivière
et l’environnement exceptionnel du site. Une bonne trentaine de pilotes ont évolué sur place,
soit environ un tiers des membres de l’association qui regroupe autour d’une centaine de pratiquants français et étrangers. Une fiche VAC avait été spécialement créée pour localiser les axes de décollages/amerrissages en plus de consignes.

Aquitaine Aviation est venue avec une remorque-citerne pour alimenter les Lycoming de ses deux Piper. L’AFH avait prévu un Zodiac pouvant servir de « follow-me » ou de moyen de transport pour les hydravions amarrés à la bouée, la majorité venant cependant « beacher » sur le sable de différentes plages. Pour les autres, il fallait aller chercher de la 100LL sur des aérodromes à proximité ou remplir des bidons de SP à la station la plus proche. L’avitaillement sur l’eau et sur un site temporaire doit être anticipé…

Le succès de ce rassemblement a redonné du tonus aux membres de l’AFH surtout après le discours très enthousiaste de Marie-France Mazaud Witmann, la maire de Peyrat-le-Château, venue à l’assemblée générale de l’AFH avec sa première adjointe et au lac pour observer l’activité avant d’en tirer un bilan très positif, souhaitant qu’une telle activité y soit plus régulièrement présente à l’avenir – une invitation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd à l’AFH ! Les deux élues ont pu constater que hormis la phase de décollage, sur des axes éloignés du rivage, nécessitant quelques instants la pleine puissance pour quitter l’élément aquatique, le reste du vol devient quasiment inaudible, finale comprise, surtout avec les multiples axes utilisables à divers endroits du lac. Le tout offrant une animation supplémentaire et un apport économique local attesté, notamment en période de basse saison.
Pour le bureau de l’AFH, constitué en 2026 de Olivier Wilmart, président, Patrick Sicard, secrétaire et Jean-François Monier, trésorier, ce sera donc un dossier de plus à rajouter dans la liste des projets d’ouverture de nouvelles surfaces, avec un lac adapté pour venir ponctuellement réaliser un stage de formation par exemple. Les autres dossiers suivis par l’AFH comprennent une refonte du site internet de l’association et le suivi au plus près de l’OPS ULM. Si la mise en application des textes VLO a été repoussée au 1er juillet et au 1er octobre pour les mesures VLD, l’AFH a obtenu l’autorisation d’effectuer un splash’n go lors des vols VLO/VLD effectués en hydro-ULM. Les textes initiaux l’interdisaient.
Les arguments invoqués par l’AFH ont convaincu la DGAC, il a donc été acté qu’il serait possible d’effectuer un (seul…) posé/décollé intermédiaire au cours d’un vol de découverte. l’AFH précise que « l’arrêté modificatif OPS ULM du 24 mars 2026 a repris cette avancée pour les ULM avec une procédure spécifique de mise en oeuvre. Nos opérateurs qui exploitent des surfaces éloignées de leur point d’embarquement avec des aéronefs amphibies vont très certainement apprécier cette évolution ». Certains utilisateurs, ne souhaitant pas limiter le nombre de posés/décollés et limiter cette « faveur » aux seuls hydro-ULM – les splash and go font toute la saveur du vol en hydravion – ont la volonté de poursuivre l’action auprès de la DGAC dans ce sens… À suivre ! ♦♦♦
Photos © CC/Sjwells53 (plan), CC/BiacheB et Mnguyendinh (paysage)
et F. Besse / aeroVFR.com
https://association-francaise-hydraviation.fr
Nda : merci à Henri Hermabessière, propriétaire du PA-18/180 F-HHMB, pour la séance photo en vol et à Stéphan Creissel pour le tour de Zodiac…