
Statistiques européennes pour les avions, hélicoptères, planeurs et ballons.
Ces derniers jours, l’EASA a mis en ligne son Annual Safety Review 2026 soit son bilan annuel de la sécurité portant sur l’année 2025. Ces statiques européennes couvrent l’avion, l’hélicoptère, le planeur et le ballon. Les ULM n’étant pas gérés au niveau de l’Europe mais par chaque autorité nationale, aucune statistique les concernant n’est précisée. L’EASA souligne les thématiques les plus importantes en matière de sécurité des vols : l’entrée involontaire
en conditions IMC pour des hélicoptères et des avions monomoteurs, ainsi que les collisions
en vol.
Le document fait 132 pages, couvrant tous les segments de l’aviation, de l’avion de ligne
au drone en passant par les opérations au sol sur les aérodromes et le contrôle aérien.
Une version abrégée propose une synthèse avec notamment les statistiques de l’aviation générale pour l’année 2025.
– Avions (opérations non commerciales) : 21 accidents mortels, 135 accidents non mortels,
31 incidents graves, 40 décès et 16 blessés graves.
Les causes principales sont :
1) Perte de contrôle.
2) Collision avec le sol.
3) Abordage en vol.
4) Sorties de piste
5) Collision en vol avec un obstacle.
La majorité de l’activité se déroule en vol de formation ou de tourisme aérien.
– Voilures tournantes : 6 accidents mortels, 25 accidents non mortels, 21 incidents graves,
14 décès et 7 blessés graves.
Les causes principales sont :
1) Perte de contrôle.
2) Collision avec le sol
3) Collision avec un obstacle en vol.
4) Abordage en vol (une seule collision entre deux hélicoptères a entraîné 5 décès)
5) Collision avec la piste.
– Planeurs : 15 accidents mortels, 60 accidents non mortels, 7 incidents graves, 16 décès,
10 blessés graves.
Les causes principales sont :
1) Perte de contrôle.
2) Sorties de piste.
3) Collision avec le sol.
4) Abordage en vol.
5) Collision avec un obstacle en vol.
9 des 15 accidents mortels sont dus à des pertes de contrôle.
– Ballons : 1 accident mortel, 13 accidents non mortels, 4 incidents graves, 1 décès, 9 blessés graves.
Les causes principales sont :
1) Collision avec le sol en vol.
2) Autres blessures.
3) Collision en vol.
4) Perte de contrôle.
5) Sécurité (?).
Les atterrissages durs constituent la catégorie la plus fréquente.

Du côté des avions
Dans le détail et pour les opérations non commerciales (NCO) avec des appareils autres que des avions complexes, soit des avions de moins de 5.700 kg, à pistons ou monoturbine, on note que pour les accidents (mortels ou non) et les incidents graves, les données sont inférieures à la moyenne enregistrée sur la période 2015-2024.

Les accidents les plus nombreux concernent un contact anormal avec la piste (51), des problèmes techniques non liés à la motorisation (28), des sorties de piste (28), des problèmes ou pannes moteur (26). Les accidents non mortels sont principalement liés à des atterrissages durs ou des rebonds, l’effacement de la roulette avant, des sorties de piste par vent de travers, des problèmes techniques. L’EASA attire l’attention sur des presque-collisions et Airprox (pour un total de 13), faisant partie des incidents graves, ce en circuit de piste et sur des terrains non contrôlés.

Même si l’EASA ne gère pas les ULM, le bilan les évoque avec 34 accidents mortels enregistrés en 2025 pour des vols non commerciaux à bord d’ULM. Le nombre d’accidents
non mortels est de 135 n 2025 contre 121 en 2024 mais reste sous la moyenne de 165 notée
en 2021.
Du côté des hélicoptères
En opérations non commerciales (NCO), l’année 2025 a montré la plus importante augmentation au niveau des incidents graves côté hélicos, avec des situations pouvant mener potentiellement à un accident. Une majorité d’incidents graves en 2025 a concerné des collisions avec la piste ou le sol, notamment lors de vols n instruction. Côté accidents mortels, avec 14 décès (dont la collision entre deux hélicoptères avec 5 décès) est l’un des résultats
les plus élevés sur les 10 dernières années.

La cause d’accident mortel est aussi due à du vol à basse hauteur par mauvaises conditions météorologiques, notamment à proximité de zones boisées ou de relief. Du fait que l’hélicoptère est naturellement instable dynamiquement sans vigilance sur le pilotage et l’instrumentation, une perte de contrôle peut intervenir très rapidement. Une entrée involontaire en IMC est une situation favorable à la perte de contrôle. Pour 2025, les pertes de contrôle, un contact anomal avec la piste et les collisions en vol sont les trois situations à risques élevés.

Une mauvaise communication ou une perte de communication entre l’équipage et le contrôle aérien apporte un facteur contributif à ce type d’accident, en diminuant la conscience de la situation, entraînant des incompréhensions sur des clairances ou les intentions d’autres trafics, menant à une séparation insuffisante avec d’autres aéronefs.
Du côté des planeurs
L’année 2025 a compté 15 accidents mortels et 60 non mortels, des chiffres en baisse sur les dix dernières années. Les accidents les plus fréquents sont liés au contact avec la piste (atterrissages durs sur l’aérodrome) et en campagne (collisions avec des barrières, des lignes électriques, cheval de bois, etc.). Deux accidents mortels sont intervenus lors du décollage.

Les Airprox interviennent en ascendance mais la zone la plus propice est dans la zone de décollage, avec les câbles d’un treuil, les opérations de remorquage et le trafic à l’atterrissage, le tout partageant un espace aérien restreint avec une pression temporelle. Les accidents mortels sont souvent dus à une perte de contrôle à faible hauteur, durant une treuillée ou en zone montagneuse, quand la hauteur pour récupérer un décrochage ou une vrille n’est pas disponible.

Du côté des ballons
Un total de 18 accidents et incidents graves a été noté en 2025, dont un accident mortel
(un passager éjecté à l’atterrissage suite à un cisaillement de vent lors d’un vol commercial avec 34 passagers à bord… et 13 non mortels avec 4 incidents graves. Des chiffes en baisse après 2018 (25) et 2023 (26).

Le nombre de décès varie de 0 à 2 en moyenne. Les incidents graves sont généralement dus à des atterrissages durs, le retournement de la nacelle ou le déplacement de cette dernière au sol après atterrissage sous l’effet du vent, le tout pouvant entraîner des décélérations brutales. D’autres causes sont la collision avec des obstacles (arbres, lignes électriques) lors du décollage ou de l’atterrissage (6 cas en 2025). Puis on note un CFIT (Controlled Flight Into Terrain), un Airprox, un incendie après atterrissage et un orage/cisaillement de vent. ♦♦♦

Lien vers l’Annual Safety Review 2026 de l’EASA.
