
Plus de 2 millions de dollars pour un indicateur de température non approuvé après 2 ans d’utilisation sans problème.
L’information fait du bruit de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, terre de prédilection paraît-il de l’aviation générale dans le monde puisque 90% de l’activité s’y déroulerait… Une école de pilotage a reçu le 30 octobre dernier un avis de la Federal Aviation Administration (FAA) proposant une amende de 2.388.500 dollars pour avoir utilisé un indicateur de température non approuvé, et donc fait voler un appareil « non apte au vol ». Pour la FAA,
ceci a relevé « d’un comportement imprudent ou irresponsable au point de mettre en
danger des vies ou des biens »…
Ceci aurait été constaté sur l’un des 9 Cessna 172 constituant la flotte de Wings Flight School, implantée sur le terrain de Vacaville en Californie. Depuis février 2023 et jusqu’à septembre 2024, soit plus de 20 mois, ce Cessna 172M Skyhawk aurait accumulé « approximativement » 280 vols selon la FAA et comme l’amende porte sur chaque vol, à raison de 8.530 dollars et quelques le vol, on atteint cette amende record de plus de 2 millions de dollars. L’école dispose de 30 jours pour plaider son dossier, soit en justice soit en demandant une réduction du montant de l’amende.
Pour l’heure, il n’est pas vraiment clair de quelle température il s’agit (température extérieure, huile, cylindre, échappements ?), ni si cela concerne la sonde ou l’indicateur en cabine – la presse américaine pencherait pour l’indicateur de température d’huile. Si la période incriminée débute en février 2023, l’élément pointé aurait été mis en place en octobre 2022, sans aucun incident enregistré sur la période ni mentionné par la FAA.
Sur la base du prix de vente estimé pour un 172 Skyhawk standard neuf, sortant de chaîne d’assemblage et proposé autour de 500.000 dollars, le montant de l’amende revient à
plus de 4 avions ! Sur la base du 172M concerné, modèle qui n’est plus produit depuis 1976,
en prenant un tarif moyen de 60.000 $ sur le marché de l’occasion, c’est quasiment la valeur de 40 appareils ! L’école mise en cause fait partie d’un réseau d’unités de formation dans plusieurs états américains.
Quand on se souvient comment la FAA a suivi (de très loin…) la certification du Boeing 737 Max avec deux accidents mortels majeurs en ligne… It’s a mad, mad world ! ♦♦♦
Photo © Wings Flight School
