
Développements de glass-cockpit avec de l’assistance par intelligence artificielle.
Robert Schochmann, patron de Schochman Aviation (Bratislavia, Slovaquie), a développé plusieurs concepts dont un glass-cockpit assisté par l’intelligence artificielle (IA) présenté en avril dernier à Aero Friedrichshafen. Parmi les fonctionnalités, on note un cockpit contrôlé à la voix. Par reconnaissance vocable, même en conditions turbulentes, il est ainsi possible de gérer par exemple le pilote automatique (changement d’altitude ou de cap, engagement, désengagement). Sans connaître une fréquence, il est possible de demander la fréquence
de tel ou tel aérodrome, le système allant chercher la bonne fréquence dans la base de données…
À l’écoute de la fréquence, l’assistant AI extrait automatiquement des conservations les messages destinés à votre immatriculation, en inscrivant à l’écran le QNH, un code transpondeur, un point de report imposé… supprimant ainsi la nécessité de prendre des notes. C’est une version civile du concept HOTAS, Hands on throttle and stick, limitant le nombre d’actions dans le cockpit pour se concentrer sur le pilotage. L’assistance porte aussi sur la situation météorologique et l’espace aérien avec l’affichage des Métar et Taf, et des Notam,
le tout annoncé opérationnel à toute altitude.


D’autres fonctions concerne l’affichage des check-lists, un répétiteur de position des volets, le suivi des paramètres moteur, un mode Emergency avec affichage du bon code transpondeur, la détermination de l’aérodrome le plus proche voire l’activation d’une remise à plat de l’appareil en cas de désorientation spatiale. Le système prend en compte les données du manuel de vol. On peut encore citer la vision 3D, une alerte de la proximité du sol pour éviter
le CFIT (Controlled flight into terrain), l’affichage des trafics sous ADS-B.
Pour mettre au point ces différents systèmes, le développeur utilise un ULM/LSA Dova Skylark DV-1 (600 kg) construit au préalable à partir d’un kit. Ce biplace a enregistré plus de 500 heures de vol pour valider différents capteurs et algorithmes, ou des choix d’interface pour glass-cockpit.


Spécialisée depuis 17 ans dans le développement notamment en software et hardware dans le domaine des drones, de la robotique et des avioniques utilisant l’IA, la société a innové dans ces domaines, remportant notamment en 2026 le titre de la Startup de l’année en Slovaquie. D’où l’expérience menée fin juillet dernier. Le 28 juillet, un collègue s’est connecté depuis
le bureau de la société et a pris à distance… les commandes du DV1 Skylark en plein vol, via Starlink, avec un ordinateur portable et un joystick. Un pilote de sécurité était à bord en permanence, pouvant couper la liaison d’une seule touche.
La technologie Fly By Air mise au point « ne transmet pas les débattements des gouvernes.
Le joystick envoie les angles d’assiette souhaités, et les calculateurs de bord les exécutent 400 fois par seconde en boucle fermée avec gyroscopes, accéléromètres, magnétomètres
et données anémométriques. L’avion est donc toujours piloté par ses calculateurs de bord, ce qui rend la latence internet bien moins critique. Redondance : Starlink plus une liaison de données locale indépendante ». Ainsi, le pilotage est plus souple.
L’argumentaire développé est la sécurité en formation avec un instructeur capable de reprendre les commandes depuis le sol lors d’un vol solo d’un élève si ce dernier “tunnelise” en tour de piste… D’autres utilisations mises en avant concernent la surveillance de feu, la reconnaissance de sites contaminés, etc. par appareil sans pilote à bord. Les systèmes mis au point peuvent s’adapter à d’autres aéronefs de taille supérieure, à voilures fixes ou tournantes.
Au total, ce sont douze produits matériels, logiciels et écrans – « tout développé en interne
à Bratislava, sur un appareil en kit monté en interne, entièrement autofinancé et sans investisseurs. La société annonce des lettres d’intention signées avec plus de dix constructeurs (Tomark Aero, Aeroprakt, Skyleader, Dova, Corvus) et les premières commandes depuis le mois dernier.

Dans les tiroirs du « Flying lab », on trouve encore d’autres projets, dont notamment :
– du vol entièrement autonome, en déterminant la destination avant d’être « passager » jusqu’à l’atterrissage.
– de la reconnaissance d’objets en vol avec caméras et analyse par IA pour détecter les menaces d’abordage non détectées par d’autres moyens (transpondeur, ADSB, Flarm…) permettant d’éviter drones, obstacles, oiseaux…

– un système type Auto-land avec caméras embarquées et la possibilité d’atterrissages autonomes. En conditions VMC, le système détecte la position de la piste et réalise l’approche et l’atterrissage, voire la remise de gaz si besoin tandis que le pilote gère et surveille la trajectoire, pouvant intervenir si besoin.

La technologie Fly By Air ne transmet pas les débattements des gouvernes. Le joystick
envoie les angles d’assiette souhaités, et les calculateurs de bord les exécutent 400 fois par seconde en boucle fermée avec gyroscopes, accéléromètres, magnétomètres et données anémométriques. L’avion est donc toujours piloté par ses calculateurs de bord, ce qui rend la latence internet bien moins critique. Redondance : Starlink plus une liaison de données locale indépendante.
Mais au final, que va-t-il bientôt rester au pilote à faire ?! ♦♦♦
Photos © Schochman Aviation
https://schochman.com
Ndlr : Robert Schochmann fera une conférence en anglais sur ses différents développements lors du Paris Aero Passion le 26 septembre 2026 à Toussus-le-Noble.