
De violents thermiques à éviter…
Les mini-tornades sont spectaculaires, prenant naissance dans des cieux tourmentés, au milieu de zones orageuses et de Cb en pleine maturation. Ce qui était rare il y a plusieurs décennies peut survenir désormais plus souvent comme ce phénomène enregistré lors du meeting Le Temps des Hélices en 2024 à La Ferté-Alais…

Mais un phénomène similaire peut se rencontrer non pas lors de journées au ciel très chargé mais par de très bonnes conditions VFR, avec ciel clair, visibilité CAVOK. Ce sont les dust devils – les diable de poussière que l’on retrouve parfois traduits en « queue de sorcière ».
Les vélivoles, au sol, sont habitués à ressentir le passage d’un thermique, une ascendance trahie par une soudaine augmentation du vent, le passage d’air chaud sur le visage et
parfois un peu de poussière ou d’herbe déplacées par le « courant d’air » passager. Mais le phénomène prend parfois de l’ampleur, avec par fortes chaleurs, un air surchauffé sur un sol très sec, le tout formant une colonne thermique tourbillonnante à fort gradient de vitesse verticale.
Le phénomène, propice dans l’après-midi avec de fortes températures, peut être rapide à se créer pour ne durer parfois que quelques secondes mais il peut aussi perdurer plusieurs minutes, entraîner tout matériau léger sur son passage (poussière, sable, foin…). Au départ, aucune matérialisation n’est visible puis la colonne d’air chaud devient bien matérialisée par
la matière entraînée en altitude peut tracer son chemin, parcourir plusieurs champs, ondulant dans la campagne avant de perdre en énergie et disparaître.
S’il y a beaucoup de matière soulevée, le phénomène pourra être trahi par une ombre au sol. En vol, on peut aussi suivre sa trace au sol, le tourbillon (vortex) ayant marqué son passage
en chahutant les cultures. Les conditions propices au phénomène sont un air sec (plus de 15°C de différence entre température ambiante et point de rosée) et instable, des surfaces surchauffées au sol à proximité de zones à fort contraste (champs/forêts) et relativement plates, peu de vent en surface. Exemple : des champs chaumés. Le tourbillon peut mesurer
de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres de diamètre.
Les mouvements verticaux – vers le haut dans le tourbillon, vers le bas à proximité – sont à éviter. Avec un phénomène sans doute plus violent et plus souvent présent dans les zones désertiques des Etats-Unis, de 1982 à nos jours, le NTSB a relevé 170 accidents relatifs à ces « dust devils », rencontrés par des aéronefs légers à basse hauteur, avec des effets non souhaités en roulis ou en lacet.
Un avion agricole Grumman AgCat a ainsi rencontré un tel phénomène peu après le décollage, le pilote perdant le contrôle du biplan pour finir au sol, avion sur le dos. Il en a été de même pour le pilote d’un Cessna 170B rencontrant un tourbillon peu après le décollage, avec une forte inclinaison ne pouvant être contrée par le pilote. Un hélicoptère n’est pas mieux protégé. On ne parle pas des ULM légers ni des parapentes… Le NTSB cite le cas d’un T-6 rencontrant un dust devil juste après l’atterrissage, soulevant l’arrière du biplace. Le pilote a remis les gaz mais a perdu le contrôle partant en roulis à droite puis à gauche avant de finir
au sol en pylône.
D’où les conseils du NTSB :
– rester vigilant, bien observer son environnement avant décollage ou atterrissage.
– ne pas croire que d’excellentes conditions météorologiques n’impliquent pas des menaces.
– en cas d’observation du phénomène, s’en écarter et prévenir sur la fréquence les autres pilotes. ♦♦♦
Photos © NTSB, F. Besse / aeroVFR.com et Nasa
